1 an de vécu..

Un an en Grèce, pour la mémoire.. petite fenêtre sur une aventure d'Erasmus dans un pays canon.

13 juillet 2007

Tour du Péloponnèse, part. 3 - Eass' side



Remontée de la Laconie, route sur Sparte.

Des virages, des villages, et des steppes...

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                ...Puis Sparte, morne mégalopole étalée le long d'une plaine immense – c'est bien la seule du Péloponnèse.. ! – aux pieds des Monts Taygète.

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Pour tous les connaisseurs de la Grèce, l'unique raison de rallier Sparte ne fait aucun mystère : ce n'est évidemment pas la ville elle-même, ex-cité antique qui a dominé le monde grec pendant des siècles : du fait de l'austérité de leur régime, les spartiates n'ont laissé à la postérité aucun héritage digne de ce nom, aucune construction brillante conservée à travers les âges, pas même de curiosité archéo, que dalle.
En fait, l'objet de toutes les attentions est à 5 bornes de là, sur les hauteurs : c'est l'extraordinaire site de Mystra, trésor médiéval à l'état brut, cité fortifiée érigée au plus fort de la domination franque dans la région, au 13e siècle, sous Guillaume de Villehardouin.
[Partis vers Jérusalem à l'occasion des croisades, les francs avaient un peu “musardé” en chemin, et après avoir conquis une à une les places fortes du Péloponnèse – l'ancienne Morée – ils ont régné sur la région pendant plusieurs générations.]

De cette impressionnante cité bâtie verticalement, à flanc de montagne, subsistent à ce jour un ensemble de ruines remarquablement conservées, ce qui en fait une ville-fantôme fascinante.

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Dédale dans des ruelles pavées, visite des églises byzantines et autres palais en ruines, ascension vers la citadelle, au sommet des remparts. (truc de sportif Mystra.. la grimpette jusqu'au kastro au sommet de la butte, sur un dénivelé de 1000m, par 35°, c'est pas pour les mémés..)

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D'en haut, vue sensas' sur toute la plaine de Sparte, avec une profondeur vertigineuse. Une étendue verte et fleurie, qui semble flotter quelques kilomètres en dessous...
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Début de soirée à Sparte. Pas si vilain qu'on dit, une colonnade de palmiers sur l'avenue principale, quelques places animées.. un cybercafé et une glace au chocolat 3 boules.

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Pas emballé toutefois à l'idée d'y faire la nuit, je reprend la route au crépuscule, pour repartir en direction de la côte..
Traversée de nuit du Parnonas, mémorable, lol.
Des virages, des virages, des virages, des virages...

A travers une forêt épaisse, ça monte et ça descend, ça tourne en épingle, en chicane, en 180..
de la pure route de rallye, sur plus de 80 bornes.. de jour, ça doit être pretty cool.

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Mais là, c'était nuit noire. Noire de noire, foncée quoi.

Pas un lampadaire, pas un marquage au sol, pas une signalisation, pas une étoile, même la lune s'était barrée.

Clou du spectacle, la route qui devient chemin.. piste caillouteuse.. rocailleuse, étroite, un truc à pratiquer au tracteur...

5km, en première, avec les roues qui sautent, c'est très long ^^

..et c'était que le premier tronçon. Au final, 13 bornes effectuées comme ça, au pas, en croisant les doigts pour que les pneus tiennent le coup..

dédicace aux antibrouillards avant, la plus belle invention à l'aise depuis les pâtes au beurre. Parce qu'en cas de nuit noire, t'as beau être en phare, quand t'amorçes un un virage serré, c'est la loterie sur l'angle de la courbe jusqu'au bout, visibilité zéro.

Bon, j'ai mis 3h pour avaler 60 bornes. Mais c'était trippant, c't'impression d'avancer en vain dans une forêt de montagne interminable genre seul au monde, un grand moment de sport^^

02h passées, j'atteris enfin sur une route asphaltée.
Halte pour passer la nuit dans une petit hameau de montagne, Kosmas, perdu en altitude, à 50 bornes du littoral.

Village étonnant, refugié dans les entrailles de l'Achaïe, concentré autour d'une place et son clocher central, à l'ancienne.. trijouli, finalement.

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lundi matin, tit' déj' en terrasse sur cette même place...

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Et de bon matin toujours, on se remet en route.
Etape au surprenant monastère d'Elonis, perché dans les airs, encastré dans le roc..

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Puis on retombe enfin sur la côte, paysages familiers, remontée vers le Nord le long du golfe Argolide...

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A Lernes, (resté célèbre pour l'hydre de Lernes, monstre à 9 têtes terrassé par Héraclès), bifurcation à gauche pour aller attraper Tripoli.

Un tour rapide à Tripoli, véritable plaque tournante du Péloponnèse de par sa position centrale.. (aux 4 coins du pays, y'a toujours un panneau indiquant la route de Tripoli)

ville lambda, nothing special.
De là je choppe l'autoroute qui monte sur Corinthe, avec pour ambition de sortir à Mycènnes.
Rapide crochet par Némée, où un petit site archéo rappelle que se tenaient là autrefois des jeux prestigieux qui attiraient toute la Grèce, sur le modèle d'Olympie...

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Vers midi, arrivée sur Mycènnes. Ça, c'est du gros, gros calibre.
Un des sites les plus anciens jamais mis à jour... Pour situer, les mycénniens à leur apogée, c'est une domination sur tout l'Est méditerrannéen vers les 12e 13e siècle Avant JC.. c'est à dire au moment supposé de la guerre de Troie.
A côté, les ruines de la période archaïque ou classique (exemple le Parthénon, c'est -Ve siècle..), c'est du pipi de chat. Et les fortifications médiévales de Mystra ou Monemvassia, les vestiges vénitiens, francs ou byzantins, on en parle même pas.

La civilisation mycénnienne, apparue y'a près de 4 millénaires, c'était celle des premiers échanges commerciaux en Méditerrannée, le royaume d'Agammemnon, l'ancêtre de Sparte Corinthe ou Athènes.. c'est quand on situe un peu mieux le truc dans le temps qu'on prend conscience du caractère exceptionnel de ces vestiges.

Genre le trésor d'Atrée, monumental tombeau royal élévé en cône, c'est hallucinant de constater son état de conservation.
Et le degré de perfection atteint par les architectes de l'époque !!

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L'ouvrage le + intéressant de toute la Grèce pré-classique, un truc stupéfiant. Un peu plus loin, l'ensemble du site se concentre autour des ruines du palais..

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en photos notamment, la très célèbre porte des Lionnes, qu'on associe systématiquement à l'image de Mycènnes.


Début d'aprèmidi, nous voilà donc au coeur de l'Argolide, le “pis le + à l'Est de la mamelle”,
et berceau de civilisation.

Côté paysages en revanche, c'est probablement le coin le plus classique du Péloponnèse, le moins accidenté, le moins spectaculaire, limite fade par endroit.
Passage éclair par Argos, le temps de se hisser au sommet de la forteresse (franque, biensûr..) qui domine la plaine et tout le golfe...

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10 bornes plus loin, on atteint Nauplie.
Dernier “must” du périple, l'une des plus jolies cités de tout le monde Egéen.

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Posté par p4pi à 23:29 - voyages voyages - Permalien [#]