1 an de vécu..

Un an en Grèce, pour la mémoire.. petite fenêtre sur une aventure d'Erasmus dans un pays canon.

16 juillet 2007

changé ?


difficile de répondre de façon tranchée.
..Beaucoup de choses évoluent imperceptiblement, seul le recul du temps saura témoigner de ces infléxions.


wooops..!   Stop-top-top.                     Wrong disk.


On r'commence.         Plus sincère alors.

(en même temps, vous plaignez pas trop - j'aurais pu mettre Iglesias, "je n'ai pas changé", ou carrément "oui, c'est moi, Jérôme, non je n'ai pas changé.." ^^)


Donc ; on la refait.



En parlant par exemple d'évolutions plus palpables, de dividendes plus immédiats..
            
Des trucs qu'on a appris à apprécier, par exemple. Du plus noble au plus insignifiant..

rapide tour d'horizon.



L'art, pour commencer, dans toutes ses formes. Après tant de musées, de visites attentives, de regards partagés avec des potes d'archi, notre perception a indubitablement évolué.... Sensibilité accrue à l'esthétique urbaine, aux constructions, à l'effort de beau.. puis l'art figuratif, en parallèle.. la fascination de l'art contemporain.. grosse ouverture à ce niveau là. Le sillon est tracé, reste à suivre la voie..

Plus anodin j'le concède.. les oranges.
La Grèce= gros gros producteur d'oranges, et fameuses avec ça, bien portantes, fraîches et juteuses : du coup je m'y suis mis, alors que j'en avais jamais mangé une de ma vie. (m'étais toujours contenté du jus, allez savoir pourquoi...). Ba une orange le matin au réveil, ou après un bon coup de sport, y'a pas plus vivifiant.

Puis la rando ; pas banal ça aussi.
la randonnée pour moi c'était bien le lubie de retraités en quête de nature, ou le trip de rigolos qui filent à St Jacques de Compostelle en pélerinnage : sport de pas sportifs, quoi.
Je sais de quoi je parle : les clients randonnée, chez Decath j'les voyais défiler à longueur de journée. y'a qu'à voir à quoi ressemblent les tenues de rando, c'est du bermuda beige design 1930, + les bottines et le bob, en gros.
Et ba curieusement, chaque sortie 'rando' cette année aura été un plaisir brut, qui m'a donné envie d'en faire beaucoup plus souvent. Y'a eu la grimpette du Mont Olympe, la traversée des gorges de Vikos, les longues marches au soleil du Mont Athos : chaque fois un régal.

la lecture
. Beau succès. Parfait novice en matière de livres, j'ai donc entrepris de suivre dans cette quête de culture littéraire une démarche analogue à celle qui m'a fait découvrir modestement le cinéma...  :
j'ai dû me régaler d'abord de Tarantino, Scorsese ou De Palma avant de savoir m'ouvrir à Jarmusch, Wenders ou Lynch.. et il a fallut plus de temps encore, et se constituer un certain bagage, pour savoir apprécier Altman, Lumet ou Peckinpah... Tout un cheminement.
Alors côté bouquins, j'ai démarré par du contemporain à succès, du best-seller à la prose facile voire tapageuse.. Beigbeder en figure de proue, ou Zeller, icône nouvelle génération, derrière le maître Houellebecq... et j'ai accroché, tout de suite.

Par contre, j'ai encore du mal dès que j'essaie de passer à l'étage du dessus.. où l'écriture se révèle plus dense, et le language châtié. J'ai calé en cours de route sur un pavé de Philippe Sollers par exemple, et j'ai du mal à avancer dans mon Voyage au bout de la nuit de Céline. Mais si le processus suit son cours, un jour viendra où je saurai apprécier Balzac, et citer Châteaubriant..

Parce que ça y est, le virus je l'ai choppé. Y'a des trucs qu'il faut absolument que je découvre.    Désir nouveau, qui prend source dans d'autres lectures, d'autres critiques, d'autres références.. réaction hautement improbable il y a quelques temps encore, où, complètement hermétique à cette forme d'art, les mêmes stimuli n'auraient rencontré que mon indifférence.

En rentrant, faut absolument que je lise les Essais, de Montaigne par exemple. Et le bouquin de Madeleine Allbright, l'ancienne secrétaire d'Etat américaine, qui semble passionnant. L'autobiographie de Frédéric Mitterrand, aussi. Et Machiavel.
Toute une liste comme ça, de trucs que j'aimerais déjà avoir dévoré et assimilé..

Suffira de se ménager le temps, finalement. On peut toujours prendre le temps... Je lisais récemment dans un hebdo que Villepin, même au coeur de la fournaise de Matignon et en proie à un emploi du temps démentiel, s'abreuvait quotidiennement de littérature, dès l'aube, avant que ses fonctions ne l'appellent à des tâches plus actives.


Pour finir, citons le goût du voyage, forcément... curiosité intellectuelle indubitablement décuplée.

Alors que je visite l'exceptionnel Dolmabahce sur les rives du Bosphore en décembre, haut-lieu des palais orientaux, fastueux et grandiloquent, je réalise que j'ai 21 ballets et que jamais, jusqu'alors, j'ai pris la peine de foutre un pied à Versailles.. que j'ai retourné une quinzaine de musées athéniens avec passion, et que le Louvre m'est parfaitement inconnu..

y'avait donc un avant, et y'aura un après.

D'office, je sais que y'a des trucs que je vais avoir envie de foncer voir en France en rentrant. Les châteaux de la Loire, le musée du Quai Branly à Paris, les trésors de ma propre région.. cette dynamique là, c'est un truc dans lequel beaucoup se sont reconnus cette année.
La démarche touristique et la curiosité culturelle qu'on aura développé, on la laissera pas à la frontière. Je crois que tous, une fois en France, conserveront l'approche..
aller à la découverte du patrimoine, prendre l'initiative de voyager, visiter...

tout ça, c'est du bénef'. Un capital, à faire fructifier.

L'
ouverture , c'est tout ça en même temps donc. Une idée nébuleuse au départ, qui prend toute sa dimension à mesure que l'aventure avance.

Bon, après, on concrétise pas tout. -- par hostilité de principe au happy end, je terminerai par cet angle là, lol.

D'un point de vue linguistique par exemple, les progrès ne s'effectuent qu'à mesure de l'investissement consenti.. suffit pas d'évoluer en immersion à l'étranger ; encore faut il se donner les moyens d'une progression consistante. Et pour finir, reste toujours l'incertitude quant à la suite à donner aux études, par exemple.. à cet égard l'année erasmus n'aura pas généré le potentiel déclic espéré, en termes d'ambition professionnelle. Même si.. le temps achève d'en définir les contours.

Posté par p4pi à 16:01 - ma pomme. - Permalien [#]