27 août 2006
ambiguité du superficiel..
pas côtoyé un seul cinéphile averti jusqu'à présent, dommage. les références des plus érudits s'arrêtent à Fincher, Burton ou Tarantino.
Consensualité générationnelle.
(chez nous comme aux quatre coins de l'Europe d'ailleurs, surprenant de mimétisme.)
Points de repères incontournables de toute une génération, c'est comme ça. la mienne est devenue ado avec les radios libres, a écouté Iam ou Noir des', lu Werber et Nothomb, adulé Snatch ou Fight Club.
Passé la vingtaine, les standards ont évolué, les goûts laissent transparaitre plus d'acuité.. mais le formatage demeure. prétexte à des discussions toutes aussi formatées d'ailleurs, charriant leur lot de lieux communs.. corollaire inévitable. Mais passages obligés, souvent, pour faire connaissance, et lier des affinités..
..le contexte veut ça.
150 erasmus, chacun désireux de rencontrer tout le monde..
va't-en essayer d'être original au moment de faire connaissance, avec ça.. eh nan. c'est "hello, where do u come from, what do u study, do u like it..", et basta.
formulaire, récitation.
ça manque de romanesque ?
A l'ère du speed dating et des plats préparés, t'immagines qu'on s'amuse pas à jouer au questionnaire de Proust avec chaque nouvelle rencontre.
on pourra stigmatiser la forme.. approche utilitariste des relations sociales, superficialité du rapport à l'autre.. ..lol.
..C'est pas aussi moche que ça en l'air. T'inquiètes qu'une jolie fille qui a ce petit truc en +, même en t'expliquant qu'elle descend acheter des courgettes, elle saura te faire fondre, et te donner envie d'aller plus loin..
"Il n'y a pas moins d'éloquence dans le ton de la voix, dans
les yeux et dans l'air de la personne, que dans le choix des paroles", écrivait La Rochefoucauld.
08 décembre 2006
So french..
'tit conseil marketing. Vous lancez un produit, un concept, et il vous manque le nom.
Et bien vous prenez pas la tête, trouvez n'importe quel mot débile, et mettez ''french'' devant. Succès garanti ; votre machin cartonnera.
C'est comme ça qu'on se retrouve avec des trucs aussi merveilleux que le french flair, les french fries ou la french touch', en passant par le légendaire french kiss..
label sexy en somme.
épithète qui fait la différence.
(Tout le monde peut pas en dire autant : cf. branlette espagnole.. chiottes turques.. :p)
Donc : être french, c'est tendance.
Le pourquoi du comment, ça ferait un sujet de thèse intéressant. On serait probablement amené à citer (avec l'accent british, nécessairement) Versailles, le Louvre, Givenchy ou Jean-Paul Gautier, Zinedine Zidane, Pariss' & les-Champs-Elysées, Molière, la gastwonomie, les grands Bordeaux..
(Un jour peut-être, ils découvriront l'envers du décor.. qu'à deux pas de Paris, y'a la Courneuve.. qu'on a aussi Le Coq Sportif, Tony Vairelles, le Beaujolais nouveau..)
Enfin en attendant, on a la cote. Le français reste la langue des élites.
La crème des profs grecs termine son cursus universitaire par un double DEA à la Sorbonne..
Mais c'est quand on flâne en ville, au détour des enseignes, qu'on calcule le mieux l'impact du truc sur la conscience collective, la connotation classe véhiculée par tout ce qui vient de Paris.

Sur ce on va refermer le tube de pommade, assez pour aujourd'hui ^^
Disons que j'adore en rajouter des tonnes question chauvinisme à 2 balles, mais toute dérision mise à part, on a beaucoup a apprendre de nos voisins, clairement.
Si je disais que l'allemand moyen est hautement plus sympatique que nouzot' français, plus avenant, plus attentionné, plus ouvert... ça voudrait pas dire grand chose tellement ça tape dans les lieux communs. et pourtant.. le raccourci est loin d'être vide de sens.
Alors biensûr, on a la meilleure bouffe, les meilleurs pinards, mais sachons rester humbles lol.
y'a jamais que 2 choses qu'il faudra défendre jusqu'au bout. 2 trucs pour lesquels on est forcément les meilleurs : jouer au foot, et faire l'amour.
05 avril 2007
Le dilemme abdominal..

Choisir.
D'un côté, la ligne parfaite. La silhouette élancée, les abdos saillants, deux colonnes soigneusement dessinées.. un profil à poser pour Calvin Klein.
De l'autre, les plaisirs du palais. Nourritures riches, grasses, sucrées à volonté.. dévaliser tout le rayon mousses au chocolat de Carrefour, enfiler les tartines beurrées au p'ti dèj', les gyros/frites huileux avant de sortir.. apprécier la joie d'un 2e plâteau de spaghettis au RU, taper le paquet de chips entier à 4h, ressortir le sauciflar du frigo en rentrant de soirée, craquer sur un camembert avant d'aller se coucher..
Ah..
j'serais tenté de répondre les deux, mon colonel.. à ceci-près que.. pas compatibles. (je sais, j'ai pas inventé la poudre..)
Les filles, dans 99% des cas choisissent la silhouette.
Tu leur proposes de reprendre un 2e kebab, c'est nan nan, surtout pas. Déjà le 1er les fait culpabiliser, et elles ont prévu de se faire un régime salade pendant 2 jours pour compenser.
Souffrir pour être belle.. (c'est carrément démago soit-dit en passant.., y'en a un paquet pour qui ça se limite à Souffrir pour pas trop prendre au niveau des fesses. S'embellir, c'est encore un autre chantier..)
Mais elles savent ce qu'elles veulent, et affichent bien souvent une bien meilleure volonté que nouzot'..
En même temps elles sont prévenues, c'est pas avec les cuisses de Félicia Ballanger et le cul de Roselyne Bachelot qu'elles vont oser le string ficelle sous pantalon blanc cet été.
En tant que bonhomme, on peut envisager le truc avec un peu plus de souplesse. Suffit d'un tout ti peu de sport à côté, et je peux continuer à bouffer pour 4 sans prendre un soupçon d'épaisseur.
Avec mes deux collocs', on essaie de descendre désormais régulièrement à la salle de sport.
boaw, on force pas, une heure et demie tout au plus, mais on laisse des calories sur le tapis.
3-4 bornes de course, une dizaine à vélo, quelques séries de muscu en mattant le dernier dvd live de Christina Aguilera.. ptis sourires échangés avec les 2 nanas du club, tout droit sortis d'un clip à la Call on me d'Eric Prydz. elles font des ptites scéances soft de rameur ou d'abdos, ou nous montrent comment utiliser tel ou tel agrès, toujours maquillées, jogging sexy et top au dessus du nombril, ipod sur les oreilles.. elles savent qu'on est français, et faut croire que ça rend leur sourire encore plus avenant. (Pour parler cash en fait : si elles sont pas passées à la casserole avant la fin de l'année, c'est qu'on aura été mauvais.)
et dans la foulée, Sauna. On monte le truc à 67, 68°... c'est méchamment relaxant. Tu transpires par tous les pores, ça décape.
..puis la douche tiède, salvatrice. Tu ressors galvanisé. Comme tout neuf. Après ça, tu peux repiccoler le soir même, tu sais que t'as la santé.
27 mai 2007
Les zautres..
La communauté erasmus, c'est un truc à part, un microcosme. Certes. Quelques centaines de joyeux lurons avinés, en gros.
Échantillon pas forcément représentatif pour entreprendre une approche sociologique, ok.
N'empêche que si tout systématisme serait hâtif, y'aurait quand même de quoi disserter sur chaque nationalité.. alors, pas étonnant, on aurait du mal à invalider certains clichés. Mais, dans le même temps, l'exercice révèlerait quelques surprises, à contre-courant des idées reçues. Un pti catalogue ?
Let's go...
Première communauté, avec plusieurs dizaines de représentants, les espagnols.
Trait caractéristique : propension très marquée à rester entre eux – comme les français, dira-t-on par ici.
Question look, c'est tous les mêmes. Héritage post baba cool, néo-hippie. Pas rasés, cheveux tressés ou en bataille, fringues qui tombent, tissus et futs déchirés. Soirées à la mode ado, pas clubbing pour deux sous, plutôt squat' enfumé dans un appart' ou posés dans la rue avec un pack de Kro. Parlent pas super anglais. Bordéliques par nature. Toujours à l'arrach' de thunes. Cools, voire un peu trop. (Eviter de voyager avec eux, c'est le comble de la désorganisation lol, un gaspillage de temps monumental). Dernier point crucial, les espagnoles, au féminin : c'est catastrophique. Sapées comme des sacs déjà, ça aide pas. Puis le charme d'un épouvantail. la beauté doit être toute intériorisée. Proportion effrayante, genre une nana jolie pour 20 bulots.
Deuxième groupe par la taille, ourselves..
les french people, une bonne soixantaine peut-être, sur les deux semestres.
Ouverture sur les autres : globalement, pas top. tendance une fois de plus à rester entre français.
Niveau d'anglais : en progrès. Accent dégueulasse, mais qui fait généralement craquer les étrangères, allez savoir pourquoi.
Le fait marquant : numéros 1 sur le nombre d'homos, aussi.. sont pas moins de 6 – déclarés – à préférer les bonhommes. Question qui suit : en Grèce alors, ça marche pour eux ? Ben pas plus qu'ailleurs, à les croire. Six, c'est plus du tiers des mecs français. Dit autrement : plus d'1 mec sur 3 parmi les erasmus français est gay : il en fallait pas plus pour se faire une réputation. Alors si, chez nous, on immagine que la Grèce est le paradis des hommes qui préfèrent les hommes, et ben pour le reste de l'Europe : les français seraient tous homos ou bi. Eh ba..
(on a essayé de tordre le coup à cette idée farfelue : dire que les français et françaises –
une poignée d'entre nous, du moins – sont ceux qui ont le + serré, c'est pas loin de la réalité aussi. Certains avec frénésie, d'autres parfois plus dans la durée, m'enfin ça va pour nous, merci..)
Au rayon fierté, faut surtout pas oublier de mentionner les French girls ; elles sont, globablement, les mieux de tout le cheptel, c'est un fait :p
(bravo les filles ^^)
Nos cousins portuguais, adorables, très sociables, s'amusent bien aussi. Parlent un anglais bien supérieur à leurs voisins espagnols. Sont, dans l'ensemble, des gros fétards, qui enchainent les soirées bien arrosées. Pas du genre a rester à la maison le soir. Et très, très sympas avec ça.
Les belges.. pas nombreux : j'ai croisé un wallon francophone au premier semestre, et 3-4 flammands. Tous des crèmes, adorables.
Les italiens, 'sont pas légion. Une dizaine, à peine, sur toute l'année. Assez réservés, tranquilles.. !
Ba les filles déjà : la déception du siècle. P'tain chez pas comment ils les ont sélectionnées, mais alors ils ont gardé les meilleures au pays hein. Et les mecs, tranquilles, limite réservés, captent rien au ballon, pas fêtards.. l'escroquerie sur toute la ligne.
Manque plus que la pizza et les bolognaises aient été inventés par quelqu'un d'autre, et je dénonce l'Italie comme le plus grand mensonge de l'histoire.
Surfaits.
Les rosbeefs, sont un peu plus nombreux déjà. Enthousiastes, sympas, souriants, tendance exhubérants, bavards, directs, rigolards.. très bons potes.
Les hollandais.. communauté importante en nombre.. grands buveurs de bière, pas une surprise. Pas mal de filles plutôt mimis, hyper sympas.. toujours partants pour sortir, voyageurs, généralement de bonne humeur, bons camarades, pas prise de tête. Souvent bien arrachés en soirée, bons déconneurs. Tous bilingues ou presque. Cools.
Les allemands : un paquet également. Fétards, mais pas trop. Gentillesse à fleur de peau pour nombre d'entre eux. On sent qu'ils ont été élevés différemment.. avenants, sympas, ouverts, pas râleurs, ni grincheux, égoïstes, arrogants ou de mauvaise humeur comme on pourrait l'être lol. Des gens avec qui j'ai souvent trouvé à partager, et avec qui on a énormément en commun. A part ça : très rigoureux, polis, jamais en retard, organisés.. limite ils manquent de folklore par fois^^
conforme dans une très large mesure à l'image qui leur colle à la peau, en somme..
Les polonais.. des agneaux, eux aussi. Gentils, tout simplement. Navrés de leur parodie de gouvernement qui fait rire tout le monde lol, assez fatalistes et désabusés dès qu'il s'agit d'évoquer la Pologne d'aujourd'hui. Sinon, plutôt calmes, bon esprit, tranquilles. Et les polonaises sont souvent d'excellentes cuisinières.
Les scandinaves, j'sais pas où ils s'cachent, j'ai dû en croiser quatre. Des finlandais terriblement gentils mais gravement austères, et 1 ou 2 fous furieux de norvégiens.
Quant aux pays de l'Est, z'ont envoyés la dose de monde, surtout au deuxième semestre. Des filles, quasi exclusivement. Pas tellement fétârds eux, moins que les latins ou les anglo-saxons. Discrets, souvent..
Les quelques roumaines, elles sont mimis. Parlent bien anglais, sont bien sur elles, charmantes, avec de l'humour.. j'aime bien.
Les tchèques, elles envoient du lourd, elles. Waow. Nation number one d'Europe de l'Est, un vivier de petites bombes. Dommage, la plupart sont parties à l'issue du premier semestre.
Les bulgares, par contre, pas fana. Sophistiquées, mais pas belles. Font parfois vulgaires.. genre string qui dépasse sur les rondeurs. Timides sinon. Dans leur coin. Et bosseuses, avec ça.. en 2 mots, elles respirent pas l'éclate.
De manière isolée, j'ai encore croisé des autrichiennes (jolies, toutes) quelques lettones (insipides), un irlandais, un paquet de turcs, quelques albanais(es)..
Puis hors-erasmus, y'a aussi tout un contingent d'américains, étudiants à Thessalonique ; des bons dératés, pour la plupart. rien qu'à voir leurs soirées : ambiance spring break toute l'année.
09 juin 2007
éclipses & détachement..
Début de semaine, un aprèmidi.
Envie d'évasion.
..let's go.
Destination, ailleurs.
(si on te d'mandes, tu diras qu' tu sais pas.)
'Bouge en solo, sans laisser d'adresse, portable coupé.
être capable de mettre l'univers entre parenthèses, pour se concentrer une seule chose.
Prendre de la hauteur, évacuer les contextes.
la distance comme filtre aux interférences.
Le discernement se fait plus limpide. les choix, plus éclairés.
Maïeutique appliquée à soi le temps d'une ascèse,
camomille contre l'indécision.
(c'qu'on serait pas capables de sortir, pour justifier un weekend chez une autre..^^)
Evanescent.. le temps d'une virée en Hors piste.
GPS éteint.
plaisir d'une glissade à l'instinct, quelques jours durant.
Inquiétude de celle qui partageait mes nuits. Appels téléphoniques aux commissariats, 110 000 appels en absence, tournée des hôpitaux de la ville..
[un commissaire, au bout du fil:
-- votre boyfriend donne aucune nouvelle ?
Eh ba, c'est qu'il vous a lourdé, cherchez pas..]
J'adore le pragmatisme des flics grecs.
en France, on aurait déjà déclenché le plan Alerte-enlèvement, mis en place un numéro vert, placardé ma signalisation dans tous les troquets de quartier.. ^^
..me ferais simplement l'écho, pour finir, d'une certaine littérature contemporaine, empreinte de lucidité :
"C'est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement
assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces
femmes qui vivaient dans l'espérance, sur le gage d'une seule lettre
d'amour, quand l'autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots
avaient alors une force redoutable puisqu'ils décidaient des vies.
On
attendait, et on faisait confiance, même sans nouvelle de l'autre
pendant des périodes infinies.
Aujourd'hui on commence à paniquer dès
qu'on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il ?
Pourquoi ne répond-elle pas ? Avec qui est-il ? L'angoisse a gagné du
terrain.
Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la
fin de l'attente, c'est-à-dire de la confiance et du silence..."
Florian Zeller, la Fascination du pire.
16 juillet 2007
Ouvertures...
leitmotiv politique du moment, tiens.
Le genre de concept tartiné à tors et à travers dans les lettres de motivation des candidats au départ en Erasmus, aussi.
<< ''progrès linguistiques, ouverture d'esprit, découverte d'une autre culture, année d'études bonifiée, tremplin reconnu, etc..''
vade mecum pour baratineurs ;)
Forcément y'a du vrai là dedans, biensûr ; après le truc, c'est de l'enjoliver convenablement, pour conformer une certaine envie d'ailleurs au modèle attendu, sans craindre de se rouler ostansiblement dans les poncifs du genre. Du coup, les formules convergent, checks-points nécessaires...
l'ouverture d'esprit, par exemple, incontournable.
Précisez ? Pas facile... Impossibilité de saisir au préalable ce qui ne s'évalue qu'a posteriori.
Lexique de lieux communs qui traduit finalement cette incapacité d'identifier concrètement des aspirations vagues et abstraites, d'exprimer avec plus de précision une ambition encore largement floue...
Et donc, en aval, quel regard sur tout ça..? quid de l'ouverture d'esprit espérée, de tout le tralala d'une autre culture, d'autres horizons enrichissants..?
c'est totalement bidon. Du toc, de la poudre aux yeux. un beauf reste un beauf, même plus ouvert d'esprit. Alors biensûr, tout se justifie : découvrir une autre culture, c'est aussi apprendre à bouffer des gyros 3 fois par jour, et d'autres horizons, enrouler des nanas tchèques ou bulgares pour changer. Après tout, la lettre de motivation nous engageait à rien : on avait pas précisé.
Nan, plus sérieusement cette fois : evidemment, le sentiment de plue-value est énorme.
Des goûts atrophiés qui se développent, des sensibilités qui s'affinent et se démultiplient, des regards qui prennent plus de hauteur, beaucoup de partage, des leçons de vie, du vécu..
tout ça se quantifierait pas.
Pourtant y'a bien une métaphore à laquelle je souscris, pour évoquer ce sentiment : l'impression d'avoir décollé.
Ça présage en rien de la trajectoire future ; si ce n'est que pour aller haut, faut décoller un jour, et qu'une aventure comme celle-ci y contribue. Un certain éveil ; un tremplin, on y revient. Expérience validée donc.. CQFD.


