18 août 2006
Mardi 15, Archeological museum.
Comme chez nous, le 15 août c'est off. Tout est fermé ou presque.
Le matin on a quand même rencart à 10h pour visiter
The Archeological Museeum of Thessaloniki, à 10 minutes d'ici.
C'est pas vilain, mais pas dément non plus.
20 minutes de blabla dans chaque salle pour 2 malheureuses vitrines, la guide se fait plaise. M'enfin elle est pas inintéressante.
Le truc c'est que pour eux, tout a une origine grecque. Prénoms, monuments, us et coutumes, noms, tout, tout vient du grec.
2H de plus et elle aurait fini par me dire que môa zossi je viens du grec, c'est juste qu'on me l'avait pas encore dit.
Quelques photos, mais rien de vraiment marquant.
08 octobre 2006
Vendredi 6 octobre, escapade culturelle en centre-ville.
Première étape, le musée Ataturk, dans l'enceinte du consulat de Turquie.
C'est dans cette propriété qu'est né Mustapha Kemal Atatürk (le
père fondateur de la nation turque) en 1881, à l'époque du grand empire
Ottoman. La demeure a été conservée en l'état, et fait aujourd'hui
office de musée.

Seconde halte, Agios Dimitrios, du nom du saint protecteur de la ville.
(Agios, en grec = saint. Féminin : Agia. Exemple : Agia Sofia - Sainte Sophie.)
une église majesteuse, à laquelle l'éclairage nocturne confère un charme particulier. J'essaierais de poster des prises de vues by night pour en rendre compte. En attendant, voilà à quoi elle ressemble de l'intérieur..

en prime, quelques photos du musée de la crypte de l'église..
15 novembre 2006
Mardi 14 novembre.. Voyage à travers l'art contemporain.
Nous voici dans l'antre du Macedonian Museum of Contemporary Art, construction moderne au coeur de l'espace Helexpo, à deux pas de la Tour O.TE.
Une petite heure à déambuler en toute tranquillité, pas un chat à l'intérieur..
(d'habitude, y'a toujours une vieille à l'affût qui prend soin de vous rappeler que les photos sont interdites, un môme qui court dans les allées en cherchant sa maman, ou un contingent de touristes japonais agglutinés devant les galeries..) La visite n'en fut que plus agréable.
musée riche et fort bien conçu, décor apaisant, mises en valeur inspirées. Un joyeux mélange de
sculptures étonnantes et de tableaux plus classiques, de représentations abstraites, d'assemblages futuristes..

Et quand tout paraît si subtilement beau, même l'extérieur du musée devient prétexte à de belles prises de vues.

11 février 2007
Modern Art..
Dernière visite en date, l'unité d'Art Moderne (State Museum of Contemporary Art), sur la digue.
Titre de l'expo du moment : I'm only human..
Géniale.
tit' extrait de la press release : The work of Djurberg, Just, Larsson and Schinwald approach essential subjects such as power dynamics, social relations, violence and vulnerability, emotions and obsessions, sexual deviations, trivial rivalries.. [...] Through distinctive but equally alluring visual elements, their work investigates the key issues that define the identity of the contemporary human beings. The overarching thems of the exhibition series are the ambiguity of human relationships and the individuals' struggle to express their feelings and desires in today's societies.

Atmosphère complètement barrée, cela va sans dire. Des mini-métrages muets, aussi pauvres visuellement qu'intenses émotionnellement, horizons métaphysiques sur fond d'esthétique minimaliste..
Au détour d'un écran 36 cm, un cartoon fascinant. Dans l'intimité d'un nid conjugual, une panthère en peluche lèche tendrement une nana en pâte à modeler.. y trouver un quelconque sens.. quel regard porter sur l'approche complaisante d'un instant zoophile, carrément magnifié par la mise en scène.. comment appréhender la complicité de l'artiste vis à vis de comportements déviants.. ?
c'est puissant, ce que ça dégage, ces machins là.
Bon après faut accrocher, c'est de l'art contemporain dans toute sa splendeur, abstrait, mystique, naturaliste, interrogateur, irrésolu, envoutânt, psychédélique..
16 février 2007
Mardi 13 février... glandouille culturelle, suite..
2 nouveaux musées au programme de ballade ce mardi, entre Agia Sophia et la zone portuaire..
Première étape, le Museum of Macedonian Struggle, qui retrace tout un pan de l'Histoire grecque contemporaine, à travers des décennies de luttes dans la région.
Boaw, i cassait pas 3 pattes à un canard celui-là (it didn't break three legs to a duck^^), assurément pas le meilleur des musées thessaloniciens.

A contrario, le Jewish Museum of Thessaloniki, témoin de plusieurs siècles de présence juive dans la ville, était autrement plus intéressant.
C'est à la suite de l'expulsion de milliers d'entre eux du royaume d'Espagne, en 1492, qu'une importante communauté juive a rejoint Thessalonique. Décimée par les vagues successives d'émigration aux 19e et 20e siècles, touchée de plein fouet par le grand incendie qui a ravagé la ville en 1917, puis par l'épisode de la Shoah, cette communauté autrefois prospère ne représente plus qu'une infime partie de la population locale.
Très enrichissant, visite agréable.

22 mars 2007
Flashbacks sur Athènes.. épisode 1, le musée Frissira
Au cours de mon séjour athénien, j'ai parcouru pas moins de 14 musées. Mon petit préféré : le Frissira, Musée d'Art Contemporain Européen.
A côté des monstres sacrés que sont l'immense Musée Archéo, le Benaki ou le Musée Historique, celui-ci ferait presque figure de nain ; mais ça reste au final l'un de ceux dans lesquels j'ai passé le plus de temps, et probablement celui qui touchait à ce que j'apprécie le plus.
Onéreux musée privé, perdu dans le dédale de Plaka, à mi-chemin entre l'Acropole et le Jardin National, il est hébergé dans deux jolis immeubles néoclassiques, aux numéros 3 et 7 de la rue Monis Asteriou. Le plus petit des deux édifices abrite les expositions temporaires.
L'expo du moment : North Korea. Un regard (inédit) sur le pays le plus isolé du monde, à travers quelques dizaines de clichés, fruit d'un travail de l'ombre mené par le photographe Yannis Kontos lors de deux séjours là-bàs l'année passée.
Premières photos de la sorte à être publiées et exposées à travers le monde. carrément génial.
Dans l'immeuble voisin, la collection permanente, disposée sur plusieurs étages, s'intéresse quant à elle à la représentation humaine à l'aube du XXIe siècle.
Alors là, c'est en plein dans le mille. L'Art contemporain déjà, c'est jusqu'à présent celui qui me parle le plus, la forme d'Art au contact duquel ma sensibilité s'est le plus développée. Puis la discipline photo, celle qui m'est la plus familière, plus que la peinture par exemple. Le thème enfin, extraordinairement intéressant, prétexte à une démarche naturaliste des plus fascinantes.
Je me suis Ré-ga-lé.
Y'a cette salle incroyable, consacrée au centre d'accueil pour handicapés mentaux de Kulina, pommé au coeur d'une fôret dans les contrées reculées des montagnes de Serbie..
ou encore cette pièce qui montre les atrocités commises en Sierra Leone, où l'on prenait soin de demander ''manches courtes ou manches longues'' avant d'amputer l'avant-bras, ou le bras tout entier..
Dénominateur commun à nombre de ces travaux, le concept d'aporia, tellement édifiant.. (concept que j'aime à proposer comme grille de lecture du conflit israelo-palestinien d'ailleurs)
paradoxe logique, légitimité de deux forces contradictoires.. l'aporia renvoie à l'idée d'une difficulté résultant de la conscience de l'opposition entre deux vues incompatibles.
Tout le travail du gars (Yannis Kontos) est basé là-dessus. Clichés de Bagdad, du Kosovo, de la frontière mexicaine, de Katmandou.. même démarche, même perspective offerte.
J'suis fan.
Flashbacks sur Athènes.. épisode 2, l'Acropole
L'Acropole, climax annoncé de tout séjour Athénien..
Parmi tous les gens que j'ai pu côtoyer et qui avaient eu le privilège d'y être déjà montés.. peu cependant étaient revenus avec des petites étoiles plein les yeux.. ''Ouais, c'est canon, mais euh, bon, pas non plus euh..'' voilà en gros le genre d'écho que je pouvais glaner ci et là.
Pourtant, les dépliants touristiques jouaient la surenchère sur le Parthénon, les écrivains s'employaient à décrire le truc en des termes toujours plus laudateurs.. entre les propos thuriféraires des uns et le relativisme des autres, n'y avait-il qu'une question de sensibilité artistique, plus ou moins développée..?
Parce que dans le genre dithyrambique, on peut taper fort. Voilà ce qu'écrivait par exemple Ernest Renan, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883) :
“L'impression que me fit Athènes est de beaucoup la plus forte que j'aie jamais ressentie. Il y a un lieu où la perfection existe ; il n'y en a pas deux : c'est celui-là. Je n'avais jamais rien imaginé de pareil. C'était l'idéal cristallisé en marbre pentélique qui se montrait à moi.
Jusque là, j'avais cru que la perfection n'est pas de ce monde : une seule révélation me paraissait se rapprocher de l'absolu. [...] Je savais bien, avant mon voyage, que la Grèce avait créé la science, l'art, la philosophie, la civilisation ; mais l'échelle me manquait. Quand je vis l'Acropole, j'eus la révélation du divin [...] Le monde entier alors me parut barbare. [...] Cette révélation de la grandeur vraie et simple m'atteignit jusqu'au fond de l'être. Tout ce que j'avais connu jusque là me sembla l'effort maladroit d'un art jésuitique, un rococo composé de pompe niaise, de charlatanisme et de caricature.”
OK. eh ben autant vérifier par soi-même..
Premier paramètre, fondamental.. la météo. On ne redescend pas d'Athènes avec la même perception de l'Acropole selon que le ciel était bleu azur, gris bouché, ou nuageux. (Renan, lui, devait avoir de bons contacts à météo France, il avait débarqué au bon moment.)
Ensuite, même si ça n'engage que moi, le site exerce une fascination autrement plus puissante lorsqu'on l'observe.. de loin, plutôt que lorsqu'on se trouve en son sein. Depuis la colline de Philopappos, par exemple, merveilleux. Ou depuis le sommet de Lycabette.. voire depuis Plaka, au pied du site archéologique.
“La vue du Parthénon est une des choses qui m'ont le
plus profondément pénétré de ma vie. On a beau dire, l'Art n'est pas un
mensonge” (Gustave Flaubert, lettre à sa mère, en 1949)
De plus près, c'est très fort, certes.. mais.. bon.
Y'a les travaux, déjà. Inconcevable parait-il, d'espérer admirer le Parthénon sans grues ni échaffaudages.
Après, selon l'angle depuis lequel on l'appréhende, et la luminosité, y'a moyen de bien s'en sortir, d'appréhender le temple dans toute sa dimension majesteuse. Et là, quand on s'est initié aux secrets de sa construction, aux effets d'optiques sensationnels qui le caractèrisent, on saisit un peu mieux toute la dimension majestueuse de l'édifice.
Celà dit, l'Acropole ne se réduit pas au Parthénon. Même si à côté, les Propylées, le temple d'Athéna Niké ou même l'Erechtéion font un peu pâlots.
Celui là pourtant, il en jette. Les caryatides d'origine ont été remplacées, 5 d'entre elles étant conservées dans le musée voisin, mais les copies sont tout aussi impressionantes.
En définitive, j'ai un peu mieux saisi l'impression mitigée que peut laisser l'Acropole. Je ne saurais que recommander de prendre son temps lors de la visite, de s'empreigner du lieu longuement.. et d'ésperer qu'il fasse beau.
Ah sinon : arriver avant 8:30, dès l'ouverture, pour pas se coltiner les groupes de retraités allemands, les hordes de collégiens français et autres cars de touristes japonais.
En haut, on prend conscience d'être devant quelque-chose de grand.
Et de nuit, la fascination opère toujours, certainement plus grande encore.
Mais, à titre personnel, ce n'est certainement pas le site qui m'aura fait la plus forte impression cette année. En d'autres lieux, je suis resté bouche bée, devant le gigantisme naturel des Météores, le panorama à l'aube sur les pentes de l'Olympe, le faste du palais Dolmabahce à Istanbul, les paysages hors du commun des lacs Prespa, ou même la comtemplation vertigineuse de la ville d'Athènes qui s'étale au pied du Lycabette, depuis le sommet..
..après, si vous voulez savoir quel est LE truc le plus puissant, l'endroit le plus magique, le plus beau, – même si ça n'engage que moi – je répond sans hésiter :
La mosquée Bleue, à Istanbul, la nuit. Baow.. puissance dix.
18 juillet 2007
Dernière sortie culturelle..
levé de bon matin ce mardi 17, objectif boucler les 2-3 derniers trucs intéressants qui me restaient à voir sur Thessalonique.
Number one, la Fondation Teloglion d'Art Contemporain.
Edifice moderne, tout près de Matsi, juste derrière la piscine olympique.
Thème de l'expo actuelle : “Heterotopias – society must be defended”.
Du contemporain brut comme j'aime, un travail de représentation du présent, essentiellement à travers la photo. Mise en scène agréable, sur des thèmes aussi variés que l'immigration clandestine vers Gibraltar, la contraception dans les pays du tiers-monde, ou les questions identitaires de la jeunesse palestinienne. Bien.
La suite du côté du War Museum, l'un des rares musées thessaloniciens pas encore visités.
Situé dans l'enceinte de l'immense caserne militaire dont les quartiers jouxtent le restau universitaire. Bon, les musées de la Guerre, c'pas tellement ma tasse de thé, celui d'Athènes déjà j'avais eu du mal à rester plus d'un quart d'heure.
Et pour terminer, je me suis rendu au centre technologique et des sciences Noesis, un joli petit parc futuriste, type la Villette ou Futuroscope, bien en plus modeste toutefois. (à deux pas du gigantesque complexe commercial Mediterranean Cosmos, sur le périph' Est)
très sympa. Un simulateur qui nous projette dans les entrailles de la terre, un planetarium trippant, un cosmothéâtre qui diffuse des docus superbes, y'a de quoi passer du bon temps la tête dans les étoiles.












































