1 an de vécu..

Un an en Grèce, pour la mémoire.. petite fenêtre sur une aventure d'Erasmus dans un pays canon.

22 novembre 2006

I was in Albania..


Pour aller foutre les pieds en Albanie déjà, faut vraiment être jeté.
Après, débarquer fin novembre, avec pour tout bagage un sac à dos, sans programme pré-défini, à l'arrache totale, c'est carrément exotique.

..I did it.

Jeudi 16 novembre. On se bouge à 4, en bus. faut savoir que y'a pas de liaison ferrovière entre l'Albanie et l'étranger, tout simplement parce que les rails sont pas les mêmes déjà.. 

On décolle en début de soirée, vive l'aventure. Dans le bus, y'a la tv qui passe en boucle des clips kosovars à la sauce bling bling, ça vaut son pesant de cacahouètes.

Le poste- frontière côté grec a rien d'exceptionnel, bref contrôle de passeport, un tour au duty free et basta.

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50 mètres plus loin, côté albanais, c'est déjà plus authentique.

 
c_t__albanais

eh ba. J'avoues que j'suis un peu dupe :

première fois que je sors de la zone UE de toute ma vie, je m'immaginais déjà taper la pose sous un zouli panneau 'Albania', et là en guise de frontière on tombe sur une espèce de cabane à frites à la con.


A 4h du mat', le bus est à Tirana. C'est méga vide, hallucinant pour une capitale. Un gars nous dépose à l'auberge de jeunesse. Fermée. Finalement on trouve le moyen de rentrer en loucedé dans la propriété, on tape 450 000 fois sur tous les volets de la baraque, et enfin un pépé vient nous ouvrir. On choppe une chambre de 4 avec un carreau pété qui laisse entrer le vent.. une malheureuse couverture chacun, on se les pèle à crever.


Le lendemain matin, c'est tipar pour la visite. Soleil radieux, qui nous lâchera plus pendant tout le séjour.

Tirana, c'est pas trop moche comparé au reste du pays. Des barraques pastel, d'autres multicolores, un canal tout crade, quelques bâtiments gouvernementaux dans le plus pur style soviétique, des anciennes statues héritées d'un temps où la propagande régnait en maître, des trottoirs qui n'en sont pas..

Mais surtout des mômes de 10 ans qui volent à la tire devant nos yeux, des unijambistes voire des troncs qui font la manche, des vieillards qui vendent des allumettes ou des marrons chauds, des bambins qui trimballent des cajots de clopes bidons pour les écouler pour quelques poignées de leks à qui aura pité d'eux.. j'ai pas cherché à photographier la misère des gens, y'a là que des clichés froids d'une capitale sous son 'meilleur' visage.
Mais lorsqu'on y passe quelques jours, on s'impreigne d'une tout autre réalité, autrement plus saisissante. Jusque dans les grandes artères de la capitale.


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En fin d'apremidi, un tour sur le marché..


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1000 leks correspondent en gros à 8 euros. Les boutiques qui écoulent des tonnes de contrefaçon ont pignon sur rue. On a fait une razzia dans l'un d'eux, qui nous filait Need for Speed, fifa 07 ou encore PES 6 pour 2.50 euros l'unité.. la vie pas chère, jusque dans les restau. Moyen de commander 3 assiettes plus la bouteille de Cabernet pour moins de 10 euros.. midi et soir, pendant 4 jours, on a mangé comme des princes.


En fin de journée, on passe par l'immense musée historique de Tirana, qui retrace des siècles de lutte, et rien que ça. L'histoire d'un peuple qui s'est fait tapé sur la gueule depuis la nuit des temps. Mussolini, les Turcs, les Serbes, les Allemands, les Ottomans, les secousses des conflits balkaniques, le communisme.. y z'ont tout eu. Je sais pas si une nation a déjà autant morflé que ces pauvres albanais.

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Tirana by night, c'est déjà un peu plus joli. Des lueurs crépusculaires viennent mettre en valeur les rares curiosités architecturales parsemées de part et d'autre du canal.


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Au coeur de la capitale, la place Skanderberg cristallise l'essentiel des plus belles perspectives monumentales du pays. Outre la statue eponyme du héros national, on peut ainsi admirer la grande mosquée, l'opéra, la banque centrale, le musée historique et quelques bâtiments officiels.


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Pour l'anecdote, on a rencontré 2 françaises ce soir là, avec qui on est allé prendre un verre après le restau. L'une d'entre elle a démarré son tour d'Europe à Glasgow, et arrivait juste de Bratislava ;  l'autre est en stage à Pristina, capitale du Kosovo, dans une ONG, et nous a invité à passer quelques jours là-bàs..
v'là que j'ai un pied-à-terre au Kosovo maintenant.

Posté par p4pi à 17:50 - beyond Borders... - Permalien [#]


'tit tour en province..


Samedi matin, ciao Tirana, départ pour Durres. (Prononcer Dourrrrrlche.)

Réputée ville la plus touristique d'Albanie, rien que ça. (C'est a peu près aussi judicieux que de parler de la ville la plus tropicale du Groënland, par exemple).


Bref.

Y'a une mosquée jolie.. quelques statues.. un vieil amphitéâtre gallo-romain, 2-3 ruines et une plage pourrave.. ah, puis le palais du Roi Zog, sutout. À voir, qu'ils disaient.. sauf qu'il est fermé.


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Le reste, c'est de l'Albanie lambda, de la gadoue et des ordures.

On a passé une journée entière dans cette merveilleuse citée qu'est Dourrrrrlche. A défaut de voir des trucs sensationnels, on s'est tapé des barres à s'en rouler par terre.

Dans le cynisme, on peut aller très loin. Mais à Dourrrrrlche... plus loin encore.

Posté par p4pi à 17:58 - beyond Borders... - Permalien [#]

L'Albanie en routards..


Cap au Sud dimanche, direction Berat.

Jorg a jeté l'éponge, sommes encore 3 avec Pierre-Yves et Max.


Plus ancienne citée balkanique (2300 avant notre ère), Berat est une immense bourgade perdue dans les contreforts des montagnes, aujourd'hui 5e ville du pays.

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Alors Berat, pour nous, c'est avant tout l'histoire d'une rencontre, lol.

Ca commence sur les coups de 11h, alors qu'on se démenait pour trouver les horaires de bus. A un comptoir, on discute entre nous, et un type nous observe avec insistance. Le gars s'approche de moi : il parle français. C'est inespéré dans ce putain de bled où personne parle anglais déjà.

C'est comme ça qu'on a rencontré le phénomène. On commence à discuter, il nous emmène manger, insiste pour qu'on commande de la bonne bouffe, c'est lui qui régale.

Le gars s'appelle Beni, mais se fait appeler ''Bin Jaguar''. mdr.
Putain, Bin Jaguar, jamais entendu un surnom aussi naze. Il se trouve qu'il possédait une Jaguar autrefois (qu'il était super fier de me montrer en photo, mais qu'il a dû revendre pour 'soucis d'argent'' lol.), et que les habitants du coin l'ont affublé de ce nom à la con tout naturellement.



L'épisode Bin Jaguar.

Bin Jaguar, c'est pas le genre de gars a qui on confierait sa fille pour du baby-sitting.

Raciste féroce, macho rétrograde, cocaïnomane accro et.. meurtrier lol.
Né à Berat, arrivé tout jeune en France en clandos, a passé son enfance en banlieue lyonnaise, dans un foyer pour mineurs. C'est là bas qu'il a commencé à cultiver une haine farouche envers les arabes (pas 2 phrases sans parler des bougnouls, triste à entendre), jusqu'au jour où il en a planté un. 3 ans de taule, puis il s'est fait la malle avec la complicité d'un avocat verreux. Transit' par le sud de l'Italie, et retour au pays, où il s'est fait remettre à l'ombre après avoir buté un flic qui le chatouillait de trop près. Version officielle. Après, à chacun de discerner la part de mythomanie dans l'odyssée du bonhomme. Bref. J'vous passe ce qu'on a entendu sur les femmes aussi ^^ (Ne jamais se lever pour aller commander un verre. C'est à ces salopes, de venir elles-mêmes les apporter..)

Ceci dit, avec nous c'était une crème. Il nous a monté dans sa merco pour nous emmener jusqu'aux vestiges du château qui fait la fierté de la région, en haut des collines qui dominent Berat. Nous a attendu là bàs, repayé un verre en terrasse, puis une bière en bas. Et enfin, nous a déposé au bus, où on s'est finalement séparés au milieu de l'aprèmidi. Ciao l'artiste.

Posté par p4pi à 18:02 - beyond Borders... - Permalien [#]

Histoire de prolonger le plaisir...


On décide de finir sur la côte. Après un trajet en bus mémorable (on était détesté de tout le bus en fait, pour je ne sais quelle obscure raison^^), on atteint Vlora le dimanche en soirée.

Vlora, sur la côte Ionienne (point de départ de la Riviera albanaise) est une ville littorale où on ira pas jusqu'à dire qu'il fait bon vivre, m'enfin il fait toujours meilleurs que partout ailleurs en Albanie.

Je dois avouer que notre première impression a même été plutôt positive, l'avenue principale disposant de troittoirs dallés, phénomène rare en ces contrées, et même bordées de palmiers. Limite animée.

M'enfin faut pas s'enflammer hein.. parce qu'en fait, c'est la seule rue éclairée de la ville. La seule a peu près propre aussi. La seule que vous verrez jamais sur les cartes postales.
De suite après, dès les artères adjacentes, on retrouve une Albanie plus familère. En photos, le chemin d'accès à l'hotel, et la vue depuis notre chambre..

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Le lendemain, c'est jour férié. Aucun bus pour la Grèce. Faudra tenir 24h de plus dans cette ville pourrave en tuant le temps comme on peut ^^


L'aprèmidi, c'est pas un souci. Il fait toujours un temps estival, la ballade est agréable :
Rien à voir, mais au moins on l'aura vu.

En vrac, des  plages de boues, des terrains vagues où les mômes jouent avec les dindons au milieu des détritus, des vestiges communistes..

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Un taxi nous emmène à travers des chemins escarpés et caillouteux jusqu'aux ruines d'un château ancien, d'où la vue sur toute la vallée est imprenable. Clair que vu comme ça, c'est sympa l'Albanie.


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Le plus dur commence à la tombée de la nuit. C'est à dire, en Albanie, sur les coups de 16h. (La misère est moins pénible au soleil disait l'autre.. encore faut il que le soleil se couche à une heure décente.. )

En fait l'unique bus pour la Grèce part à 4h30 du mat'. Et pas question de payer une nuit d'hotel de plus. On tuera le temps comme on peut. 12h à meubler.. qui, au final, passèrent très vite. On traine au cyber (ui, c'est à ce moment là qu'on s'est fait une msn-conférence avec les 4 benoit mdr, pour situer..) tite dédicasse à ceux qui se la racontent parce qu'ils sont à Toronto, ceux qui sont sélectionnés en Equipe de France ou ceux qui partent à Sydney.. bande d'enfoirés :p


puis bon, pour changer lol, restau. On s'est fait méchamment zizir ce dernier soir. Pour missa, une pizza, suivie d'une assiette de penne, un poisson de 300 grammes et des spaghettis bolognaises pour faire descendre tout ça. On a laché 45 euros, là où pour la même chose en France on aurait dû cracher 150.

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A minuit, y'avait plus personne dans le restau. Le gars devait prier pour qu'on s'en aille, pour aller se coucher. Mais nan.. nescaffés, amstel, budweiser.. on s'est rincé jusqu'à 4h. après quoi on est allé sagement s'endormir dans notre bus. Une nuit de voyage... retour à la civilisation.


Posté par p4pi à 18:14 - beyond Borders... - Permalien [#]

23 novembre 2006

L'envers du décor


Au travers des séjours à Tirana, Durres, Berat et enfin Vlora, on a vu à la fois la capitale, l'Albanie littorale, balnéaire, historique .. On a pu appréhender ainsi le pays dans toute sa diversité touristique. Pourtant, l'ensemble de ces clichés ne reflète qu'une partie du truc.

Derrière ce visage d'une Albanie citadine encore relativement digne, il a toute une Albanie profonde, celles des montagnes, des campagnes, des bourgades pommées..

Rien de tel que les trajets en bus pour saisir ces réalités. Ici ou là, des paysans qui labourent les champs à la main au levé du soleil. Tout le monde à la tâche, de la grand-mère à la petite fille. Des pépés qui font des kilomètres à pied sur un sol caillouteux avec 2 mulets chargées de provisions pour atteindre le village voisin. Vision du 19e siècle en live.
Des routes dans un état déplorable. Partout, des ruines, des constructions dont on ne sait si elles sont inachevées ou abandonnées... des déchets omniprésents, une nature sale et hostile.. une vaste décharge, à grande échelle.


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5 jours passés en Albanie au final. Je le recommanderai pas à tout le monde, mais perso ça restera comme une expérience unique, et une immense satisfaction de l'avoir fait.

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06 décembre 2006

Balkan' odyssey


Vendredi 1er décembre. La nuit a été courte. Couchés à 5h30 avec 3 grammes dans le sang, après un open-bar des plus mémorables. Levés à 7h00, encore bien amochés, sommes à la gare à 8h pour prendre le premier train pour Skopje.

Objectif du weekend : découvrir la capitale de la Macédoine donc, et pousser si possible jusqu'au Kosovo. Histoire de l'avoir fait une fois dans sa vie quoi.

Y'a toujours des nantis qui pourront se targuer d'avoir vu Sydney, New York, Montreal ou Toronto, de partir en weekend à Barcelone, Rome ou Amsterdam, de se faire des safaris au Kenya, des croisières en Egypte ou des plans Pierre-et-vacances en Tunisie.. c'est has been. Moi, j'aurais fait le Kosovo.

Alors j'dis pas, c'est sûrement pas la destination rêvée ; m'enfin pour se la raconter dans un dîner par exemple c'est top. Aucune chance que le type assis en façe de vous ait déjà mis le pied là-bàs.


Le train Thessalonique-Skopje, c'est 5 heures. A peine assez pour désaouler quoi. Aprèmidi passée à déambuler dans les rues de la capitale. Pas fabuleuse certes, mais pas vilaine pour autant, et plutôt animée.

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Dans les quartiers plus commerçants ou touristiques, les ruelles se font plus étroites. Plus rien n'évoque alors la capitale, on bascule dans la dimension village..

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A voir, quelques-unes des nombreuses mosquées, un ou deux musées, un ancien hammam, ou encore une forteresse surélevée qui offre une vue sans pareille sur la ville..

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Ce sera tout pour Skopje. Pas fondamentalement moche, mais pas emballant non plus. Pas de quoi prolonger le séjour plus de 24h, en somme.

Posté par p4pi à 22:54 - beyond Borders... - Permalien [#]

..jusqu'au Kosovo..


Trajet en bus jusqu'à Pristina, la capitale. Sommes 5 : Pierre-Yves, Laetitia, moi, André (portugais) et Jasper (hollandais). La veille, on s'est attaqués à la vodka dans la chambre d'hotel, on a la gueule de bois, i fait froid, c'est assez rock'n'roll ; mais bon on s'amuse bien, puis rien que d'avoir le tampon kosovar sur le passeport, ça justifie le voyage nan ?


Le pays, rattaché auparavant à la Serbie et à population majoritairement albanaise, est en passe de devenir indépendant, et demeure aujourd'hui sous mandat de l'ONU. De fait, c'est l'euro qui est utilisé là-bàs. (en Macédoine, pour l'anecdote, c'est le dinart).


Premières impressions :

on s'attendait à bien plus craignos. La capitale ne porte pas de stigmates apparents des bombardements.. le pays n'est pas trop dégueu, bien moins que l'Albanie par exemple.. quelques buildings en reconstruction certes, mais peu de ruines.. des routes praticables, un centre-ville bien plus digne que celui des métropoles albanaises.. Tout n'est pas rose certes, mais avouons qu'on s'attendait à pire.


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Fait marquant, les signes de reconnaissance à l'égard des Etats-Unis, omniprésents. Clinton par exemple, à l'origine du déploiement de troupes au Kosovo, est un héros là-bàs. Il y a un boulevard Bill Clinton, et y'a autant de posters à son effigie dans les rues qu'il y a de statues de Skanderberg dans les Balkans.

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Après, c'est sûr qu'on fait vite le tour. Rien à voir, c'est clair. (même si on a bien pris 2-3 clichés, histoire de..)

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M'enfin dans l'esprit, on va pas au Kosovo pour voir quelque chose.
Juste pour y être allé, pour l'avoir fait. Mission accomplie donc.


Posté par p4pi à 22:55 - beyond Borders... - Permalien [#]

21 décembre 2006

Istanbul..


Depuis Thessalonique, c'est 14h de train.

Recette maintes fois éprouvée pour rendre le voyage moins long : se mettre une race la veille au soir et choper le 1er train aux aurores après une nuit blanche. S'affaler sur une banquette, et comater paisiblement. Coup de pouce du calendrier : ce vendredi 15 décembre, c'était la soirée de Noël, organisée à l'initiative du bureau Erasmus. Pas eu a se forcer pour lever le coude, en gros. Open bar de furieux, qui s'est prolongé en boite toute la nuit, et à 7h du mat' on est dans le train, direction Istanbul.

Arrivée sur place Samedi 16 en soirée. Rencart devant Aya Sofya avec les potes arrivés la veille.

Pierre-Yves avait un contact là-bàs, Ergin, rencontré y'a 2 ans aux Etats-Unis, où ils avaient partagé le même job d'été. Sympa comme tout, il a pu en héberger 4 d'entre nous, les véhiculer à l'occasion, et nous indiquer les bons plans touristiques.


Au coeur du quartier Sultanahmet, l'église Aya Sofya, connue dans le monde entier..
première grosse claque visuelle. Imposante.

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..C'est pourtant pas Aya Sofya qui allait m'en mettre plein la vue ce soir là. Suffisait de se retourner en fait, pour contempler un spectacle encore plus saisissant. Le 2e effet kiss cool.


Séparée d'Aya Sofya par quelques centaines de mètres seulement (dédale de jardins et fontaines soignés), la Mosquée Bleue lui fait façe, frontalement.

Merveille architecturale à l'état brut, délicieusement éclairée, c'est un régal pour les yeux. Très certainement le monument le plus impressionant - de nuit - qu'il m'ait été donné de voir en live jusqu'à présent.


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Joyau de l'architecture Ottomane avec ses 6 minarets, elle fut érigée au début du XVIIe siècle par Sultan Ahmet, qui lui laissa son nom (même si elle reste plus connue sous l'appelation Blue Mosque, qu'elle doit à son éclairage atypique). Edifice majestueux qui fend la nuit stambouliote, confondant l'immense Aya Sofya dans un statut de faire-valoir..


Le tour de l'enceinte offre à la vue des angles imprenables, épaississant un peu plus le mystère de sa démesure..

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l'ensemble opère tel un magnétisme, plus on la contemple, plus il est difficile de détourner le regard.. Extraordinaire présence dans l'espace, classe à l'état pur dans les formes, perfection des éclairages..


Dès ce premier soir, on aura eu un aperçu fracassant du charme dont regorge la ville, et des empreintes que l'Histoire lui a laissé en héritage..

Ancien carrefour de la route de la soie, capitale de trois empires, tour à tour Byzance, Constantinople, puis Istanbul, seule ville au monde qui s'étend sur 2 continents, dominant le Bosphore, un oeil sur la mer de Marmara et  l'autre sur la mer Noire, métropole de plus de 20 millions d'habitants (deux fois Paris..!), cité tentaculaire étirée entre Orient et Occident..


Ci-dessous, une vue sur le Bosphore, depuis la chambre de l'auberge, le matin ;
un aperçu du vieux centre européen, par delà le Pont Galata ;
et enfin un panorama depuis le haut du quartier Sultanahmet, avec une vue sur la Corne d'or..

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Dès le dimanche matin, on entreprend la visite des 2 bijoux aperçus la veille de nuit, en commençant par la Mosquée Bleue. De jour, le truc perd tout son magnétisme. Ca redevient un monument parmi d'autres, dont le gigantisme et la richesse intérieure impressionnent toujours, mais sans la magie de l'éclairage nocturne.

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Construite sur le site de l'acropole byzantine un millénaire auparavant (VIe siècle de notre ère, par l'empereur Justinien), Aya Sofya demeura une église jusqu'en 1453 (chute de Constantinople), puis devint naturellement une mosquée ; c'est à cette époque que lui furent adjoints les minarets par exemple. Ataturk en fit finalement un musée en 1934, ce qu'elle est restée jusqu'à ce jour.

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L'intérieur est proprement exceptionnel d'un point de vue architectural, avec notamment un dome de 30m de diamètre en son sommet.

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La visite au coeur du Sultanahmet nous amène ensuite jusqu'à l'immense palais Topkapi, la demeure des sultans Ottomans jusqu'au XIXe siècle. Succession de musées, tours et bâtiments sur plusieurs hectares – l'une des pièces du palais de Mehmet le Conquérant abritant des reliques de Mahomet..


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Le tryptique Aya Sofya/ mosquée Bleue/ palais Topkapi cristallise l'essentiel des curiosités touristiques du Sultanahmet.

Ceci dit, en se balladant le long de la Corne d'or, on est interpellé par le nombre impressionnant de mosquées à l'architecture soignée, de buildings baroques ou néo-classiques, de tours, monuments, universités, hamams, palaces, acqueducs.. 

échantillon d'Istanbul, en vrac..

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Le hamam justement, c'est une des spécialités locales. Inconcevable de passer à Istanbul sans se soumettre au rituel..

10 Parmi les plus beaux de la ville, le Hamam Cemberlitas, vieux de 500 ans, fondé par la femme du sultan Selim II et conçu par le plus brillant architecte ottoman de l'époque. Typique.

Puis le hamam en lui-même, génial. Une heure et demie passée dedans, avec massage et tout, c'est bonheur.

on en ressort frais comme un gardon. À refaire impérativement..


Le soir, restau dans un coin canon d'Istanbul, au 4 étage, avec vue sur le Bosphore..

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Ballade en front de fleuve, le long de Besiktas, au détour des mosquées et des cafés à narghilés..

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Le lendemain, on s'attaque aux dernières curiosités de la rive Sud de la Corne d'or, entre Sultanahmet et le palais Fatih..

Etape dans la Basilica Cistern, gigantesque structure souterraine dotée d'un réservoir de 80 000 mètres cube, vestige de l'époque Byzantine.. construite selon des principes de symétrie rigoureux, avec des colonnes et sculptures étonnement conservées..

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La suite du périple nous a conduit au palais Fatih, en passant par d'inombrables mosquées, toutes plus agréablement éclairées les unes que les autres..

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La plus belle de toutes reste probablement la mosquée du sultan Souleymane le Magnifique (Sülemaniye camii), érigée en haut d'une colline, offrant une vue d'ensemble sur la Corne d'or..

Très certainement la plus grande des mosquées ottomanes, dessinée par l'illustre Mimar Sinan, avec une beauté intérieure à couper le souffle, avec des balcons et mosaïques de haute volée.

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Dernière halte avant de franchir la Corne d'or, le Grand Bazaar..
c'est.. vivant, coloré, opulent.. et les images parlent d'elles-mêmes.

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Lorsque l'on emprunte les bacs qui sillonnent le détroit pour relier l'Europe à l'Asie, ou simplement traverser la Corne d'or, on en prend plein les yeux, à toute heure du jour comme de la nuit.

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Au nord de la Corne d'or, (toujours en Europe) les quartiers les plus animés d'Istanbul.

Si le vieux centre historique, du côté de Sultanahmet, est désert à la nuit tombée, du côté de Taksim en revanche, de l'autre côté, c'est profondément vivant. L'animation ne retombe jamais, les rues regorgent de monde..


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Le soir, café au coeur de Taksim, super agréable.. on a retrouvé Pinar et Zeynep, deux copines turques de Frankie, étudiantes en archi, qui étaient venues en Erasmus à Grenoble l'an passé (c'est là qu'ils avaient fait connaissance).


Mardi matin, très peu dormi, dernière journée à Istanbul, avec un menu copieux au programme.
On attaque par le Dolmabahçe, le complexe impérial des derniers sultans ottomans, entre le XIXe siècle et la chute de l'Empire, située sur les rives du Bosphore.

Synthèse architecturale des styles baroque, rococo, classique et néo-classique, le Dolmabahçe fut construit à la demande du sultan Abdül Mecit, qui souhaitait recevoir ses hôtes occidentaux dans une demeure qui leur en mette plein la vue.. un peu à la manière du Versailles français. (objectif atteint, cela va sans dire..)

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visite guidée en anglais, qui dura une petite heure.. voyage dans l'antre d'un empire richissime, à travers le faste et l'opulence.. clou du spectacle, la dernière salle, à laquelle on accède depuis un couloir étroit.. on a l'impression d'avoir tout vu, d'avoir bu de la richesse et de la déco luxueuse jusqu'à plus soif, et là le guide annonce qu'on va maintenant pénétrer dans la most impressive room.. the bigger one, the most beautiful..

Pfiou.. une tuerie.

La perfection artistique, à travers l'architecture, les couleurs, l'espace, les formes, les trompes-l'oeil, les colonnes, le gigantisme, les frontons, les dorures, les arches, les volumes, les effets de perspectives, les sculptures.. jusque dans le détail.. c'est éblouissant. On est resté dedans contempler tout ça de longues minutes.. jusqu'à ce qu'ils nous disent de dégager en fait. ^^


Dans l'aprèmidi, on est passé côté Asie. Première fois de ma vie que je posais le pied sur un autre continent, soit dit en passant. Longues ballades dans les ruelles d'un Istanbul du quotidien...

jusqu'au coucher du soleil, surplombant le port, devant la mer de Marmara..

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Le soir, dernier verre au bord du Bosphore.. assistant au spectacle paisible des pêcheurs qui jettent leurs lignes toute la nuit dans le détroit.. à l'instantané d'un pont qui se lève pour faire passer un navire côté Corne d'or.. dernière image d'Istanbul, la charmante petite mosquée Ortaköy, avec le Pont du Bosphore en arrière plan, malicieusement vêtu d'un mauve tamisé..

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03 avril 2007

Destination Sofia


Eh oui au terme d'un suspens insoutenable, c'est finalement l'excursion dans la capitale bulgare qui s'est imposé d'une courte tête, alors que le séjour dans les Sporades avait longtemps été en ballotage favorable.. Mais pour de multiples raisons, logistiques, météo, pratiques, etc, la première option s'avérait clairement plus opportune.

C'était ici la dernière étape de mes aventures abroad... L'ambition initiale était de mettre un pied dans chacun des pays possédant une frontière commune avec la Grèce ; objectif atteint, reçu 5 sur 5. (avec, en bonus, le petit extra au Kosovo..)

Tirana (Albanie) à l'automne, Skopje (Macédoine) et Pristina (Kosovo) début décembre, Istanbul (Turquie) avant Noël, puis Sofia (Bulgarie) pour finir, la boucle est bouclée et j'suis pas mécontent de la manière dont on a mené notre barque.
l'agencement s'est révélé judicieux, avec chaque fois un bon coup de pouce du climat. Beaucoup ont ainsi visité la capitale bulgare trop tôt dans la saison, et se sont mangés un froid sibérien, par exemple. Et ceux qui ne le feront que plus tard, gâcheront des belles opportunités de weekends dans les îles, lorsque le temps sera à la baignade..

Pour la der', je suis parti avec une minorité de français, pour changer un peu.
Z'étions que 2 d'ailleurs – et  encore.. Alex, breton de naissance, vit à Bruxelles où il fait ses études d'archi. Avec nous, Flip et Peter, néerlandais, et mes voisins pollaks, Cris et Piotr. Tous de joyeux lurons, Matsi boys depuis un mois, l'ambiance allait pas être triste.


Train de nuit attrappé vendredi soir (mais sans couchettes hein, on est étudiant aussi, pas question de raquer pour le supplément), on atteint les faubourgs de Sofia au petit matin. (trajet : 8h)

wagons pourraves, immenses décharges publiques le long des voies, barres d'immeubles à s'tirer une balle, ciel gris moche bien bouché, c'est du tableau balkanique dans toute sa splendeur, classique quoi.

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Dès la sortie de la gare, l'architecture vient nous rappeler qu'on débarque ici au coeur d'une ex république communiste, au cas où on l'aurait oublié.

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En s'enfoncant dans le centre-ville, je prend néanmoins vite la mesure de l'écart, sensible, qui sépare  cette capitale récemment intégrée à l'UE, des bidonvilles géants que sont Tirana, et à un degré moindre Skopje. La voirie reste entretenue, les transports en communs décents..

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J'ai dû mal à trouver le paysage urbain agréable, mais ce charme typiquement Europe de l'Est ne me laisse pas indifférent non plus. A chaque coin de rue, les bâtiments grandiloquents où les anciennes statues propagandistes exhalent des relans de soviétisme, déroutants pour tout occidental de ma génération..

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patrimoine fascinant, stigmates d'un autre temps qui marquent au fer rouge le tissu urbain, à côté de quoi sont venus s'adjoindre sauvagement les figures de proue d'un capitalisme effréné.. -- enseignes Mc Do, hôtels Hilton, pubs Coca géantes..

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En fin de matinée, on rejoint le campus de Staps, c'est là-bàs qu'on crèchera pour 2 jours, puisque nos deux accolytes polonais ont une copine sur place qui fait son erasmus là-bàs. La vue depuis la chambre est assez fantastique d'ailleurs. (photo 3)

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Le soir, la ballade dans le centre nous montre Sofia sous un visage sympa, animé, bien éclairé.. on termine dans un restau excellent, où l'on se régale pour pas cher, comme partout ailleurs dans les Balkans.. (l'occasion de découvrir que la Bulgarie produit d'excellents vins)

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Le lendemain, on visite la ville toute l'aprémidi, en emprutant les grandes artères.. c'est loin d'être moche, au contraire. Même si, inévitablement, la ribambelle de bâtiments officiels ambiance soviétique donne à l'ensemble un style un peu too much, et que les demeures bourgeoises, tonalités multicolores, sont assez kitch.

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Au rayon jolies choses on mentionnera deux ou trois églises orthodoxes, comme toujours admirablement bâties et richement décorées, quelques constructions baroques ou néo-classiques de goût, ou quelques palais monumentaux..

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Dans la nuit de dimanche à lundi, dutch et polish people mettent le cap sur Bucarest pour quelques jours de plus (12h de train plus au nord, z'ont pas froids aux zyeux), et on se rentre tranquillou à Thessalonique, où des trucs nous attendent en début de semaine.

Posté par p4pi à 18:22 - beyond Borders... - Permalien [#]
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