03 juillet 2007
Saronic islands
Archipel qui s'articule autour de 4 îlots majeurs, Egine, Poros, Hydra et Spètsès, au large des côtes du Péloponnèse.
Des îles toutes mimi, à moins de 3h d'Athènes, qui se transforment le temps des vacances en banlieue chic pour riches Athéniens en quête de fraîcheur.
- Egina
Dimanche 1er juillet, départ du Pirée à l'aube. Arrivée sur le caillou dans le courant de la matinée après une de ces traversées baignées de soleil, longue glissade d'une heure et demie sur une mer Egée onctueuse et scintillante, toujours aussi bonnard.
J'immaginais que les prix iraient crescendo avec le début de la saison, mais là c'est plus un bond ; c'est carrément du Fosbury, tendance du simple au double.
Le quad' a 35 euros, le scout' à 30.. forget it.
J'arrache un vélo d'bonne femme à 7 euros, tant pis on fera du sport.
D'office, Egine-ville fait plutôt bonne impression : le petit port est sympa, bondé de vedettes de plaisance stationnées le long des tavernas..
Un peu plus loin, le site archéo, avec une unique colonne toujours debout en guise de souvenir d'un temple d'Apollon autrefois grandiloquent.
Plages, super..
Traversée de l'île agréable, hyper verte, regorgeant de plantations d'oliviers et de pistachiers (le fruit est le meilleur de Grèce selon la légende).
De l'autre côté, la station d'Agia Marina vaut le détour aussi.
Quelques km en amont, au sommet d'une colline étouffée par les pins, se dresse le temple d'Aphaia, qui fait la fierté de l'île.
Grandiose.
Conçu pour constituer un triangle sacré avec le Parthénon, à Athènes, et le temple de Poséidon au Cap Sounion. Edifice monumental, figurant parmi les mieux conservés de tout le monde héllénique. Avec la lumière du soir, il en jette. De là, vue éblouissante sur tout le golfe Saronique.
Retour à Egine-ville en vélo, 15 bornes de faux-plat descendant en courbe, j'vous laisse immaginer le plaisir.
Plaisir toujours, simple comme une bonne table au bord de l'eau où l'on déguste une assiette de feta ou des moules saganaki..
Ce caillou planté au milieu du golfe Saronique, je l'immaginais pas si beau. Un charme insulaire à mille lieux des petites perles blanches cycladiques, mais tout aussi efficace et enchanteur.. p'tite île magique, tip top pour un weekend charmant ou des vacances au calme.
Ferry pour Hydra mardi matin, via le petit port de Galatas (pointe Est du Péloponnèse), puis l'île de Poros, toute zoulie vue depuis la mer.
- Hydra
“le bateau pénètre dans la superbe baie d'Hydra, un théâtre géant dont la scène serait formée par le petit port encombré de yachts et de bateau de ligne, les collines aux alentours composant les gradins”...
“le plus beau port de toutes les îles grecques”...
“mélange de St-trop' et de Portofino”..
..histoire d'être au parfum.
Ouaip.. pas trouvé ça si exceptionnel pour ma part en fait. juste sympa, quoi. Ok le port est bien choukar, mais au delà y'a plus grand chose.
Hydra, île sans eau déjà. (les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés..)
parait qu'autrefois les sources coulaient à torrent, toujours est-il qu'elles sont aujourd'hui taries.
Obligés d'importer 10 000 litres d'eau quotidiennement du continent.
Sans véhicule, ensuite. Pas même un scoot, pas un vélo, à Hydra on roule pas. Le moyen de locomotion ici, c'est le donkey.
J'm'immaginais louer mon baudet à la journée pour 3 ou 4 euros, ça m'faisait déjà tripper de faire le tour de l'île en âne rien que d'y penser.
Ba suis tombé de haut : un âne à la journée, c'est même pas la peine d'y compter : 10 euros rien que pour faire le tour du port en un quart d'heure ! L'âne est un produit de consommation de luxe.
Pour l'aprèmidi, c'était 200 euros. Rien que pour poser son cul sur un mulet, j'veux bien que ce soit du mulet de compèt', mais ça m'ferait mal tiens..
tant qu'on y était je m'amuse à emboucaner vite fait le muletier, j'lui demande si à c'prix là l'âne il fait aussi GPS, amphibie et tout.. et le mec, le plus sérieusement du monde, m'assure que oui.
..il captait pas un mot de ce que j'racontais en fait ; son anglais se limite à “donkey, fifteen evros, the round, ok, the round..!” le reste du temps, il sourit comme un con et dit yes.
Bref. Spa gentil d'se payer la gueule des pépés vendeurs de mulets, mais pour le coup faut pas déconner, 200 euros une aprèmidi pour poser son cul sur un âne, 'sont carrément barjes.
Du coup l'exploration se fera à pinces. C'est moins typique, moins rock'n'roll, et plus fatiguant.
Îlot riche sinon, qui abrite nombre d'élégantes demeures patriciennes, des armateurs qui ont fait fortune pour la plupart.
Habitats soignés, petites ruelles pavées et village confiné à flanc de colline, l'ensemble revêt un caractère certain.
Terminado pour notre escapade dans les îles Saroniques..
après avoir choppé le dernier Flying Dolphin de la journée, je récupère la caisse à Athènes et me programme un p'tit extra sur la route du retour : la remontée par l'île d'Eubée (Evia).
La plus grande “île” de Grèce derrière Crète, langue de terre longiligne le long des littoraux de l'Attique et de la Béotie.
Rattachée administrativement à la Grèce centrale (cf carte détaillée), et peu attractive d'un point de vue touristique. Essentiellement montagneuse, et très verte une fois de plus. Quelques plages qui valent le coup d'oeil, et des vallons tout autour.
Remontée à Thessalonique dans la nuit.
04 juillet 2007
Me, myself & I
“– tu veux ma photo ?
– Ouais, pour la coller au milieu d'mon album de singes..”
(Cour de recré, France, milieu des années 90.)
..Le post narcissique.
(il en fallait un).
parce que je me montre rarement en photos, à c'qu'il parait..
“écoute, les paysages vierges c'est très joli, mais on aimerait te voir un peu sur les photos...”
Si j'écoutais les parents, j'aurais un cliché de tous les monuments du pays avec ma trombine au premier plan.
Ça fait très album Oui-oui je trouve : oui-oui à la plage, oui-oui en vacances, oui-oui prend l'avion...
donc ça ira, merci. (Génération nan-nan, @Diam's..)
c'est pas que j'aies un physique de radio hein, allez pas immaginer n'importe quoi : question de discrétion plutôt. Humilité légendaire, cultivée loin des flashs et des téléobjectifs. Bon, j'arrête de déblatèrer des conneries ; Parait que ça fait plus vécu de poser devant des jolies choses en fait, que ça donne une réalité au cadre..
ouais.
'spèce d'égoïste, t'te façon je prends les photos que pour moi..
et j'vous ferai pas cadeau d'un sourire :p
Allons bon, au titre de l'album souvenirs, on va faire péter l'bouchon..
Quelques clichés réunis pour l'occasion, du me & myself décliné en 5 thèmes, tel un condensé de l'année en 15 prises..
En mode découverte d'abord, voyages inoubliables et horizons fabuleux..

En mode pacha, quand on est carrément les rois du pétrole, à savourer, dans des coins de rêve..
En mode girls, aussi.. aventurettes, long stories, and all kinds of relationships..

(z'mets tout' pti, kek'fois qu'ma maman tombe dessus..)
En mode éclate enfin, vacances du tonnerre, trips entre potes ou simplement du bon temps..

Et en mode au taquet, pour finir,
en train de déconner à pleins tubes.. ..après avoir bouffé pour 4.. ..ou carrément perplexe.
..ah merde, j'ai pas retrouvé le “En mode révisions”. Attention, trompe-l'oeil : beaucoup, beaucoup de boulot en Erasmus. Limite j'vais avoir besoin d'une année sabbatique juste derrière.
07 juillet 2007
On the road again'
2 jours à Thess pour expédier les affaires courantes, et on r'met ça.
Tour du Péloponnèse, cette fois. Gros morceau, nombreux temps forts en perspective, l'affaire de 8 à 10 jours j'immagine.
Ambition : dessiner le parcours le + exhaustif possible naturellement.
Essayer de tout s'caler sur un itinéraire “fluide” et cohérent, putain de casse-tête chinois.
En définitive, 2 accès possibles pour gagner le Péloponnèse :
par le canal de Corinthe, (Nord-Est), ou par le Pont Rio Antirio, qui relie le continent à Patras. (Nord-Ouest).
Plus judicieux pour moi, la descente par Patras. On se bouclera donc le truc dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (et à rebours des itinéraires établis dans les guides), en remontant par Corinthe à la fin.
Avantages de la manoeuvre, entre autres : esquiver le tronçon Patras-Corinthe précisément (déjà fait en février au moment où nous étions descendu pour le carnaval..), ou encore se garder le meilleur pour la fin : la région de l'Argolide, qui recèle de pépites touristiques (Nauplie, Epidaure, Mycènnes..)
Thessalonique – Patras, faut compter 5h en gros.
On lâche l'autoroute d'Athènes à Lamia pour bifurquer plein Sud, à travers les sentiers sinueux du Parnasse, jusqu'à Delphes ; puis on atteint la mer à hauteur d'Itea, et on longe enfin la côte jusqu'à Nafpaktos.
Les zig-zag sur les pentes du Parnasse, dans un cadre jaune et verte survitaminé, c'est grisant, j'adore.
Idem pour la route côtière qui rallie Patras, succession de courbes bien dessinées, qui se faufilent entre les falaises écrasées par le soleil et la mer bleu azur..
12 juillet 2007
Tour du Péloponnèse, part. 1 - Wess' side..
Angle d'attaque Patras, donc.
Traversée par le pont Rio-Antirio -magnifique-, déjà aperçu en février.
Patras je connais, on s'attarde pas.
Route sur Kalavryta.
En chemin, brève halte au monastère de Méga Spileon, beautiful.
Un édifice digne du Mont Athos, avec une vue imprenable, encastré dans une falaise au relief poli, comme limée, façon Météores.
Escale ensuite à Kalavryta, petit bled charmant, (qui en 43 a connu un destin comparable à celui d'Oradour sur Glane chez nous, avec + d'un millier de personnes exécutées par les allemands..), déjà bien perdu dans les montagnes de l'Achaïe.
En s'enfonçant un peu plus dans l'intérieur des terres, on traverse des paysages complètement époustouflants. Des montagnes, partout, et à perte de vue. Cadre chaleureux, porté par les couleur de l'été, adouci par les rondeurs des vallons.. y'a d'ces panoramas !! fatal.
Vu comme ça le Péloponnèse, c'est avant tout une nature exceptionnelle. Symbiose parfaite entre massifs montagneux et campagne profonde.
Des villages reculés, plus pommé tu meurs.
Ci et là on croise des espèces de bigoudènes transportant leur lait à dos d'âne, des pépés qui regardent passer le temps assis sous des platanes, ou encore des bergers solitaires qui font paître leurs chèvres sur les pentes, à l'ancienne..
Dans le genre village du bout du monde, j'arrive à la nuit tombée dans un petit bijou de hameau pittoresque, mentionné dans les guides : Langadia.
Au bout d'une piste qui se rétrécissait virage après virage, au fond du fond d'une montagne, impression d'être seul au monde, truc incroyable.. et là paf, sortie de virage, tu débarques dans un magnifique village de pierre, égayé par une animation rurale sympathique, avec terrasses de tavernes sous les vignes.
Bâti en étages, avec des gorges en contrebas, points de vue superbes. Nuit et p'tit déj' sur place.
Vendredi matin, route sur Olympie.
Visite du site en fin de matinée. Assez colossal comme truc.
Capitale religieuse du monde héllénique pendant près de 10 siècles quand même.. et berceau des premiers Jeux Olympiques, naturellement.
Le site s'étend sur plusieurs hectares, du vestige à perte de vue, pour les fondus d'archéologie c'est le paradis.
Un coup d'oeil au stade (terme qui désignait à l'origine la distance parcourue par les athlètes lors de l'épreuve de course, soit quelques 192m), puis on déambule dans les allées, au milieu des pierres millénaires et des ruines de temples autrefois majestueux...
le parcours s'achève du côté du Musée, probablemennt l'un des plus classes de Grèce.
“peu d'objets mais uniquement des pièces maîtresses”, annonçait le guide. On peut ainsi y admirer l'Hermès de Praxitèle, ou encore les deux énormes frontons du temple de Zeus.
Fini pour Olympie, belle impression.
Pour les mordus de vieux cailloux, c'est costaud, y'a de quoi y passer la journée.
(aparté : le village moderne d'Olympie quand à lui, un peu plus loin, est totalement dénué d'intérêt..)
Bifurcation à hauteur de Krestena, un peu en-dessous de Pirgos,
et on s'enfonce à nouveau dans l'intérieur des terres, pour rejoindre le temple d'Apollon Epikouros, à Vassae.
LE mieux conservé des temples grecs, rien de moins.
Problème.. il est recouvert d'une vaste bâche de protection, ce qui rend la visite de suite moins sexy.
(m'enfin même sous toit, ça reste imposant..)
un mot sur les paysages sublimes de l'Arcadie : sensas'.
(ça suffira^^)
au terme de cet écart par Vassae, je laisse provisoirement ces montagnes fabuleuses derrière moi, et replonge vers la côte .
Tour du Péloponnèse, part. 2 - South banks...
RN choppée à Tholo, pour descendre ensuite jusqu'à Pilos, plein Sud.
La route côtière longe cette fois des rivages d'un bleu javel, véritable appel à la baignade.
Escale par la plage de Kalo Nero, histoire de mater ça de + près...
spa beau, ça ?
Mer agitée, vagues fougueuses, baignade autrement + sportive que partout ailleurs en Grèce.
Le littoral se distingue en effet par ces vents rigoureux qui viennent dans le même temps tempérer les effets de la canicule.
Passage ensuite par Kiparissi, bien joli (château franc au sommet, plage ravissante..)
puis Filiatra, où un artiste local a laissé 1 zeste d'originalité à la postérité.
Descente toujours, qui nous conduit jusqu'au palais de Nestor, à Hora (le même Nestor dont Homère vante la sagesse et les conseils avisés, dans ses récits de la guerre de Troie).
La loose, site déjà fermé, obligé d'escalader les barbelés, pour tomber finalement sur un truc un peu nul, des ruines bidons quoi.
Sans s'attarder, on trace sur Pilos, charmante localité blottie au fond d'une des plus belles rades de la région.
Côté paysages, c'est plus la même chanson : on a laissé en Arcadie les massifs sans fin, écrin fabuleux d'une nature étourdissante, pour retrouver le décor d'une Grèce plus familière : champs d'oliviers de part et d'autre de la voie, vastes plaines et terres desséchées..
Arrivée sur Kalamata en soirée.
Grand centre urbain sans éclat particulier, engoncé dans le golfe messinique, au pied des collines. Animation agréable sur tout le front de mer en soirée cependant..
Ah, puis surtout : au Goodys du coin, y'a Supersport branché sur Wimbledon, 5e set Gasquet/Roddick. Victoire du minot, qualifié en demis, joli.
Rien de plus exaltant sur Kalamata par contre, alors on pousse un peu plus loin pour passer la nuit ; ce sera Kardamily, petit village du bord de mer, à la frontière de la Méssénie et du Magne.
Samedi, nous voilà donc dans le Magne, (le pis du milieu), dont les contrées arides et sauvages figurent parmi les plus belles du Péloponnèse.
Ballade agréable dans l'ancienne enceinte médiévale, sur les hauteurs du village...
Le chemin qui relie Kardamily à Aeropoli, un peu plus bas, est d'ailleurs décrit comme l'une des + fameuses routes côtières du pays, et justifie pleinement cette réputation.
La nature devient sauvage, sèche, inhospitalière. Décor western, ambiance Sierra Nevada.
Collines rocailleuses, montagnes pelées, buissons désséchés.. et quelques villages suspendus aux rocs.. du vernaculaire typiquement maniote, constructions de pierre exclusivement, massives et carrées.
Merveilleuse route de crêtes aussi, dont les laçets surélevés toisent des falaises vertigineuses, et s'en vont plonger dans des criques fabuleuses, aux eaux turquoises et immobiles..
Décors naturels tout droit sortis d'une toile de maître, ces petits ports aux eaux limpides et peu profondes, encombrés de barque minuscules et autres caïques multicolores, qui tanguent lascivement sur cette nappe couleur javel..
Le ++ touristique du coin, un plus au Sud encore, ce sont les grottes de Dirou.
Galeries souterraines gigantesques, et... inondées. La visite s'effectue donc en pirogue, c'est tout le charme du truc. pour progresser, on pagaie en s'aidant des parois, avec les stalagtites en guise de gouvernail..
Traversée du Magne dans l'aprèmidi, puis descente dans le 3e pis de la mamelle, la Laconie.
Les paysages changent toujours, moins secs, moins dépouillés, plus souples..
la curiosité m'amène tout en bas, sur l'îlot d'Elafnissos, puisque c'est là que se trouverait la + belle plage de Grèce parait-il..
plusieurs connaissances à Thessalonique m'en avaient parlé, et les brochures touristiques vendent carrément le truc comme la plage la + canon de toute la Méditerrannée... lol. (surcotée à mort^^)
Rapide traversée en bac pour rejoindre l'îlot depuis Vinglafia,
puis un coup de stop pour gagner les fameuses plages, sur le flanc de l'île ouvert à la Méditerrannée..
alors ouais, elle est cool.
Belle plage, couleurs splendides, une vaste étendue de sable fin, une eau translucide, et des vagues vivifiantes.. m'enfin y'a mieux encore, d'office ! Enflage marketing ouais, too much^^
Paradis autoproclamé, facile. (et ça marche d'ailleurs, y'a morceau d'monde qui débarque pour les vacances, les campings alentours sont blindés ; Athènes n'étant qu'à 4h de là..)
Bon et pour la palme de la “most beautiful beach of the country”, c'est plutôt du côté des Cyclades qu'il faudra lorgner, voire des îles Ioniennes (Corfou, Lekfkada, Paxi..), de Skiathos, ou en Crète...
Aprem farniente très agréable néanmoins, brain off et pause transat' des plus appréciables après 2 jours de road trip intenses.
Soirée pépère sur le front de mer à Néapoli pour finir.
Vivante, Néapoli.. Fête de village sur la place centrale, avec des bambins qui se produisent solo à la flûte ou l'accordéon, ou des troupes de danse en costume traditionnel, et quelques centaines de personnes réunies là qui applaudissent au rythme de cette musique grecque reconnaissable entre mille...
Dimanche. Journée qui commence aux aurores.
Objectif : descendre; encore et toujours, pour atteindre l'extrémité du cap, au fin fond de la péninsule, vers le point le + au sud du Péloponnèse..
l'endroit ressemble au bout du monde, (géographiquement parlant, c'est déjà le point le + méridionnal de toute l'Europe continentale..) loin de tout, isolé et difficile d'accès...
Routes sinueuses à crever, jusqu'à Agia Marina, dernier hameau du bout du monde, puis piste caillouteuse des + étroites sur quelques kilomètres.. et pour terminer, obligé de laisser la caisse pour atteindre la pointe à pied, à travers les rochers et hautes herbes brûlées..
L'occasion de contempler depuis l'extrémité du continent une Méditerrannée paisible et scintillante, qui se repait onctueusement dans un bain matinal, et dont l'horizon s'allonge jusqu'aux rivages de Cythère..
Matinée débutée au levé du soleil -de plomb, still- qui restera un des mes enchantements les plus durables.
Ballade émerveillée sur les pentes de Laconie, le long des cimes, hôte privilégié d'une nature resplendissante... errance luxueuse, au rythme du bonheur, (ps: quand vous passez la seconde, à environ 12 à l'heure, c'est par là..), alors que chaque virage dévoile une vue mirobolante..
nature bénie, immergée dans une espèce de torpeur matinale, s'offrant un bain de lumière éclatant..
Plein les mirettes ! La béatitude au volant.
révélation de la beauté d'une région, en cash.
Le chemin atteint la côte Ouest peu après Namia ;
l'étape suivante se profile au loin, taillée dans une falaise hors-normes, surplombant les flots...
C'est le fameux village de Monemvassia, légende touristique exilée au fond d'un cadre stupéfiant..
L'un des temps forts incontournables d'une visite en profondeur du Péloponnèse. Un rocher massif, démésuré, relié au continent par une mince langue de terre, et sur lequel est venu s'aggriper un village fortifié...
Chef d'oeuvre médiéval, place forte byzantine au XIIIe siècle, passée aux mains des francs, puis de la papauté, des Vénitiens, des Turcs... bijou d'architecture militaire, place forte imprenable et site hautement spectaculaire.
Un côté Mont-St-Michel avec son profil arrondi et condensé, qui s'ébroue tout en verticalité..
cité littéralement “dos au mur”, et qui de façe donne sur la mer, à perte de vue..
carte postale inédite, bel endroit, vraiment.
Le temps de savourer sur place une coupe de fruits de saison en profitant du cadre, et je quitte les lieux à l'heure de la sieste.
13 juillet 2007
Tour du Péloponnèse, part. 3 - Eass' side
Remontée de la Laconie, route sur Sparte.
Des virages, des villages, et des steppes...
...Puis Sparte, morne mégalopole étalée le long d'une plaine immense – c'est bien la seule du Péloponnèse.. ! – aux pieds des Monts Taygète.
Pour tous les connaisseurs de la Grèce, l'unique raison de rallier Sparte ne fait aucun mystère : ce n'est évidemment pas la ville elle-même, ex-cité antique qui a dominé le monde grec pendant des siècles : du fait de l'austérité de leur régime, les spartiates n'ont laissé à la postérité aucun héritage digne de ce nom, aucune construction brillante conservée à travers les âges, pas même de curiosité archéo, que dalle.
En fait, l'objet de toutes les attentions est à 5 bornes de là, sur les hauteurs : c'est l'extraordinaire site de Mystra, trésor médiéval à l'état brut, cité fortifiée érigée au plus fort de la domination franque dans la région, au 13e siècle, sous Guillaume de Villehardouin.
[Partis vers Jérusalem à l'occasion des croisades, les francs avaient un peu “musardé” en chemin, et après avoir conquis une à une les places fortes du Péloponnèse – l'ancienne Morée – ils ont régné sur la région pendant plusieurs générations.]
De cette impressionnante cité bâtie verticalement, à flanc de montagne, subsistent à ce jour un ensemble de ruines remarquablement conservées, ce qui en fait une ville-fantôme fascinante.
Dédale dans des ruelles pavées, visite des églises byzantines et autres palais en ruines, ascension vers la citadelle, au sommet des remparts. (truc de sportif Mystra.. la grimpette jusqu'au kastro au sommet de la butte, sur un dénivelé de 1000m, par 35°, c'est pas pour les mémés..)
D'en haut, vue sensas' sur toute la plaine de Sparte, avec une profondeur vertigineuse. Une étendue verte et fleurie, qui semble flotter quelques kilomètres en dessous...

Début de soirée à Sparte. Pas si vilain qu'on dit, une colonnade de palmiers sur l'avenue principale, quelques places animées.. un cybercafé et une glace au chocolat 3 boules.
Pas emballé toutefois à l'idée d'y faire la nuit, je reprend la route au crépuscule, pour repartir en direction de la côte..
Traversée de nuit du Parnonas, mémorable, lol.
Des virages, des virages, des virages, des virages...
A travers une forêt épaisse, ça monte et ça descend, ça tourne en épingle, en chicane, en 180..
de la pure route de rallye, sur plus de 80 bornes.. de jour, ça doit être pretty cool.

Mais là, c'était nuit noire. Noire de noire, foncée quoi.
Pas un lampadaire, pas un marquage au sol, pas une signalisation, pas une étoile, même la lune s'était barrée.
Clou du spectacle, la route qui devient chemin.. piste caillouteuse.. rocailleuse, étroite, un truc à pratiquer au tracteur...
5km, en première, avec les roues qui sautent, c'est très long ^^
..et c'était que le premier tronçon. Au final, 13 bornes effectuées comme ça, au pas, en croisant les doigts pour que les pneus tiennent le coup..
dédicace aux antibrouillards avant, la plus belle invention à l'aise depuis les pâtes au beurre. Parce qu'en cas de nuit noire, t'as beau être en phare, quand t'amorçes un un virage serré, c'est la loterie sur l'angle de la courbe jusqu'au bout, visibilité zéro.
Bon, j'ai mis 3h pour avaler 60 bornes. Mais c'était trippant, c't'impression d'avancer en vain dans une forêt de montagne interminable genre seul au monde, un grand moment de sport^^
02h passées, j'atteris enfin sur une route asphaltée.
Halte pour passer la nuit dans une petit hameau de montagne, Kosmas, perdu en altitude, à 50 bornes du littoral.
Village étonnant, refugié dans les entrailles de l'Achaïe, concentré autour d'une place et son clocher central, à l'ancienne.. trijouli, finalement.
lundi matin, tit' déj' en terrasse sur cette même place...
Et de bon matin toujours, on se remet en route.
Etape au surprenant monastère d'Elonis, perché dans les airs, encastré dans le roc..
Puis on retombe enfin sur la côte, paysages familiers, remontée vers le Nord le long du golfe Argolide...
A Lernes, (resté célèbre pour l'hydre de Lernes, monstre à 9 têtes terrassé par Héraclès), bifurcation à gauche pour aller attraper Tripoli.
Un tour rapide à Tripoli, véritable plaque tournante du Péloponnèse de par sa position centrale.. (aux 4 coins du pays, y'a toujours un panneau indiquant la route de Tripoli)
ville lambda, nothing special.
De là je choppe l'autoroute qui monte sur Corinthe, avec pour ambition de sortir à Mycènnes.
Rapide crochet par Némée, où un petit site archéo rappelle que se tenaient là autrefois des jeux prestigieux qui attiraient toute la Grèce, sur le modèle d'Olympie...
Vers midi, arrivée sur Mycènnes. Ça, c'est du gros, gros calibre.
Un des sites les plus anciens jamais mis à jour... Pour situer, les mycénniens à leur apogée, c'est une domination sur tout l'Est méditerrannéen vers les 12e 13e siècle Avant JC.. c'est à dire au moment supposé de la guerre de Troie.
A côté, les ruines de la période archaïque ou classique (exemple le Parthénon, c'est -Ve siècle..), c'est du pipi de chat. Et les fortifications médiévales de Mystra ou Monemvassia, les vestiges vénitiens, francs ou byzantins, on en parle même pas.
La civilisation mycénnienne, apparue y'a près de 4 millénaires, c'était celle des premiers échanges commerciaux en Méditerrannée, le royaume d'Agammemnon, l'ancêtre de Sparte Corinthe ou Athènes.. c'est quand on situe un peu mieux le truc dans le temps qu'on prend conscience du caractère exceptionnel de ces vestiges.
Genre le trésor d'Atrée, monumental tombeau royal élévé en cône, c'est hallucinant de constater son état de conservation.
Et le degré de perfection atteint par les architectes de l'époque !!
L'ouvrage le + intéressant de toute la Grèce pré-classique, un truc stupéfiant. Un peu plus loin, l'ensemble du site se concentre autour des ruines du palais..
en photos notamment, la très célèbre porte des Lionnes, qu'on associe systématiquement à l'image de Mycènnes.
Début d'aprèmidi, nous voilà donc au coeur de l'Argolide, le “pis le + à l'Est de la mamelle”,
et berceau de civilisation.
Côté paysages en revanche, c'est probablement le coin le plus classique du Péloponnèse, le moins accidenté, le moins spectaculaire, limite fade par endroit.
Passage éclair par Argos, le temps de se hisser au sommet de la forteresse (franque, biensûr..) qui domine la plaine et tout le golfe...
10 bornes plus loin, on atteint Nauplie.
Dernier “must” du périple, l'une des plus jolies cités de tout le monde Egéen.
15 juillet 2007
Tour du Péloponnèse, part. 4 - Stage' in Nafplio...
Autrefois 1ère capitale du jeune Etat grec, libéré de l'occupant turc au 19e siècle.
Tout le monde m'avait rabâché les oreilles avec le charme de Nauplie, pas le droit d'être déçu..^^
..Et effectivement, c'est un pti concentré de bled atomique.
Journée exceptionnelle passée à découvrir et savourer ce bijou de station balnéaire.
Sa forteresse exceptionnelle d'abord – le Fort Palamède, tout en haut –, et le reflet magique d'un soleil de plomb sur la mer en contrebas..
maoow que c'est beau..
..La vieille ville, ensuite, avec le traditionnel petit train à touristes..
Puis on s'extasie à la plage, merveilleusement calée dans une crique sous le Fort.
Et en vrac, l'Acronauplie, en nocturne, le splendide fort vénitien qui rayonne dans le port, les places animées dans le centre, l'ambiance dolce vita du front de mer.. Nauplie's gorgeous.
A découvrir impérativement le soir, la lumière jouant énormément dans la magie visuelle du truc. Station balnéaire très prisée, la ville de l'amour pour les grecs, et destination touristique privilégiée...
Nuit passée sur l'Acronauplie, porte-fenêtre ouverte sur la ville, avec balcon surplombant tout le port.. une tuerie Nauplie by night, 10/10. me suis promis de revenir dès que possible. Et cette fois, je crêcherai au Nafplio Palace..
Tour du Péloponnèse, suite et fin : Epidaure, Corinthe et l'Argolide.
Mardi de bonne heure, départ pour Epidaure.
Théâtre fabuleux, adossé à une forêt de pins, célébre pour son acoustique extraordinaire, et brillamment conservé. (capacité, 15 000 spectateurs !)
A côté, y'a les ruines du sanctuaire d'Asklipios, le “père” de la médecine, qu'on représente généralement avec le caducée.. premier cabinet médical du monde connu donc.
Crochet en milieu de journée dans l'arrière-pays de l'Argolide, le long des côtes, d'où l'on aperçoit les rivages des îles Saroniques... (on distingue les ports de Poros et Hydra, où j'étais y'a pas 10 jours)
Journée qui s'achève du côté de Corinthe, par la visite du site
(sous un tel soleil, il dégage un tout autre charme, loin de l'image que m'avait laissé mon bref passage en février)
puis la montée à l'Acrocorinthe.
Finish... l'auroroute passe au dessus du canal, le Péloponnèse est désormais derrière nous..
mémorable.
Etape à Thèbes sur la route du retour, dans une taverna sympa en soirée..
..et remontée à Thessalonique dans la nuit, comme de coutume.
Une semaine passée à un train d'enfer, avec des journées densément remplies. Faudra du temps pour tout assimiler, mémoriser, etc.. mais à chaud, juste comme ça.. c'était grand.
16 juillet 2007
Ouvertures...
leitmotiv politique du moment, tiens.
Le genre de concept tartiné à tors et à travers dans les lettres de motivation des candidats au départ en Erasmus, aussi.
<< ''progrès linguistiques, ouverture d'esprit, découverte d'une autre culture, année d'études bonifiée, tremplin reconnu, etc..''
vade mecum pour baratineurs ;)
Forcément y'a du vrai là dedans, biensûr ; après le truc, c'est de l'enjoliver convenablement, pour conformer une certaine envie d'ailleurs au modèle attendu, sans craindre de se rouler ostansiblement dans les poncifs du genre. Du coup, les formules convergent, checks-points nécessaires...
l'ouverture d'esprit, par exemple, incontournable.
Précisez ? Pas facile... Impossibilité de saisir au préalable ce qui ne s'évalue qu'a posteriori.
Lexique de lieux communs qui traduit finalement cette incapacité d'identifier concrètement des aspirations vagues et abstraites, d'exprimer avec plus de précision une ambition encore largement floue...
Et donc, en aval, quel regard sur tout ça..? quid de l'ouverture d'esprit espérée, de tout le tralala d'une autre culture, d'autres horizons enrichissants..?
c'est totalement bidon. Du toc, de la poudre aux yeux. un beauf reste un beauf, même plus ouvert d'esprit. Alors biensûr, tout se justifie : découvrir une autre culture, c'est aussi apprendre à bouffer des gyros 3 fois par jour, et d'autres horizons, enrouler des nanas tchèques ou bulgares pour changer. Après tout, la lettre de motivation nous engageait à rien : on avait pas précisé.
Nan, plus sérieusement cette fois : evidemment, le sentiment de plue-value est énorme.
Des goûts atrophiés qui se développent, des sensibilités qui s'affinent et se démultiplient, des regards qui prennent plus de hauteur, beaucoup de partage, des leçons de vie, du vécu..
tout ça se quantifierait pas.
Pourtant y'a bien une métaphore à laquelle je souscris, pour évoquer ce sentiment : l'impression d'avoir décollé.
Ça présage en rien de la trajectoire future ; si ce n'est que pour aller haut, faut décoller un jour, et qu'une aventure comme celle-ci y contribue. Un certain éveil ; un tremplin, on y revient. Expérience validée donc.. CQFD.
changé ?
difficile de répondre de façon tranchée.
..Beaucoup de choses évoluent imperceptiblement, seul le recul du temps saura témoigner de ces infléxions.
wooops..! Stop-top-top. Wrong disk.
On r'commence. Plus sincère alors.
(en même temps, vous plaignez pas trop - j'aurais pu mettre Iglesias, "je n'ai pas changé", ou carrément "oui, c'est moi, Jérôme, non je n'ai pas changé.." ^^)
Donc ; on la refait.
En parlant par exemple d'évolutions plus palpables, de dividendes plus immédiats..
Des trucs qu'on a appris à apprécier, par exemple. Du plus noble au plus insignifiant..
rapide tour d'horizon.
L'art, pour commencer, dans toutes ses formes. Après tant de musées, de visites attentives, de regards partagés avec des potes d'archi, notre perception a indubitablement évolué.... Sensibilité accrue à l'esthétique urbaine, aux constructions, à l'effort de beau.. puis l'art figuratif, en parallèle.. la fascination de l'art contemporain.. grosse ouverture à ce niveau là. Le sillon est tracé, reste à suivre la voie..
Plus anodin j'le concède.. les oranges.
La Grèce= gros gros producteur d'oranges, et fameuses avec ça, bien portantes, fraîches et juteuses : du coup je m'y suis mis, alors que j'en avais jamais mangé une de ma vie. (m'étais toujours contenté du jus, allez savoir pourquoi...). Ba une orange le matin au réveil, ou après un bon coup de sport, y'a pas plus vivifiant.
Puis la rando ; pas banal ça aussi.
la randonnée pour moi c'était bien le lubie de retraités en quête de nature, ou le trip de rigolos qui filent à St Jacques de Compostelle en pélerinnage : sport de pas sportifs, quoi.
Je sais de quoi je parle : les clients randonnée, chez Decath j'les voyais défiler à longueur de journée. y'a qu'à voir à quoi ressemblent les tenues de rando, c'est du bermuda beige design 1930, + les bottines et le bob, en gros.
Et ba curieusement, chaque sortie 'rando' cette année aura été un plaisir brut, qui m'a donné envie d'en faire beaucoup plus souvent. Y'a eu la grimpette du Mont Olympe, la traversée des gorges de Vikos, les longues marches au soleil du Mont Athos : chaque fois un régal.
la lecture. Beau succès. Parfait novice en matière de livres, j'ai donc entrepris de suivre dans cette quête de culture littéraire une démarche analogue à celle qui m'a fait découvrir modestement le cinéma... :
j'ai dû me régaler d'abord de Tarantino, Scorsese ou De Palma avant de savoir m'ouvrir à Jarmusch, Wenders ou Lynch.. et il a fallut plus de temps encore, et se constituer un certain bagage, pour savoir apprécier Altman, Lumet ou Peckinpah... Tout un cheminement.
Alors côté bouquins, j'ai démarré par du contemporain à succès, du best-seller à la prose facile voire tapageuse.. Beigbeder en figure de proue, ou Zeller, icône nouvelle génération, derrière le maître Houellebecq... et j'ai accroché, tout de suite.
Par contre, j'ai encore du mal dès que j'essaie de passer à l'étage du dessus.. où l'écriture se révèle plus dense, et le language châtié. J'ai calé en cours de route sur un pavé de Philippe Sollers par exemple, et j'ai du mal à avancer dans mon Voyage au bout de la nuit de Céline. Mais si le processus suit son cours, un jour viendra où je saurai apprécier Balzac, et citer Châteaubriant..
Parce que ça y est, le virus je l'ai choppé. Y'a des trucs qu'il faut absolument que je découvre.
Désir nouveau, qui prend source dans d'autres lectures, d'autres critiques, d'autres références.. réaction hautement improbable il y a quelques temps encore, où, complètement hermétique à cette forme d'art, les mêmes stimuli n'auraient rencontré que mon indifférence.
En rentrant, faut absolument que je lise les Essais, de Montaigne par exemple. Et le bouquin de Madeleine Allbright, l'ancienne secrétaire d'Etat américaine, qui semble passionnant. L'autobiographie de Frédéric Mitterrand, aussi. Et Machiavel.
Toute une liste comme ça, de trucs que j'aimerais déjà avoir dévoré et assimilé..
Suffira de se ménager le temps, finalement. On peut toujours prendre le temps... Je lisais récemment dans un hebdo que Villepin, même au coeur de la fournaise de Matignon et en proie à un emploi du temps démentiel, s'abreuvait quotidiennement de littérature, dès l'aube, avant que ses fonctions ne l'appellent à des tâches plus actives.
Pour finir, citons le goût du voyage, forcément... curiosité intellectuelle indubitablement décuplée.
Alors que je visite l'exceptionnel Dolmabahce sur les rives du Bosphore en décembre, haut-lieu des palais orientaux, fastueux et grandiloquent, je réalise que j'ai 21 ballets et que jamais, jusqu'alors, j'ai pris la peine de foutre un pied à Versailles.. que j'ai retourné une quinzaine de musées athéniens avec passion, et que le Louvre m'est parfaitement inconnu..
y'avait donc un avant, et y'aura un après.
D'office, je sais que y'a des trucs que je vais avoir envie de foncer voir en France en rentrant. Les châteaux de la Loire, le musée du Quai Branly à Paris, les trésors de ma propre région.. cette dynamique là, c'est un truc dans lequel beaucoup se sont reconnus cette année.
La démarche touristique et la curiosité culturelle qu'on aura développé, on la laissera pas à la frontière. Je crois que tous, une fois en France, conserveront l'approche..
aller à la découverte du patrimoine, prendre l'initiative de voyager, visiter...
tout ça, c'est du bénef'. Un capital, à faire fructifier.
L'ouverture , c'est tout ça en même temps donc. Une idée nébuleuse au départ, qui prend toute sa dimension à mesure que l'aventure avance.
Bon, après, on concrétise pas tout. -- par hostilité de principe au happy end, je terminerai par cet angle là, lol.
D'un point de vue linguistique par exemple, les progrès ne s'effectuent qu'à mesure de l'investissement consenti.. suffit pas d'évoluer en immersion à l'étranger ; encore faut il se donner les moyens d'une progression consistante. Et pour finir, reste toujours l'incertitude quant à la suite à donner aux études, par exemple.. à cet égard l'année erasmus n'aura pas généré le potentiel déclic espéré, en termes d'ambition professionnelle. Même si.. le temps achève d'en définir les contours.



















































































































































































































































































































































