03 avril 2007
Destination Sofia
Eh oui au terme d'un suspens insoutenable, c'est finalement l'excursion dans la capitale bulgare qui s'est imposé d'une courte tête, alors que le séjour dans les Sporades avait longtemps été en ballotage favorable.. Mais pour de multiples raisons, logistiques, météo, pratiques, etc, la première option s'avérait clairement plus opportune.
C'était ici la dernière étape de mes aventures abroad... L'ambition initiale était de mettre un pied dans chacun des pays possédant une frontière commune avec la Grèce ; objectif atteint, reçu 5 sur 5. (avec, en bonus, le petit extra au Kosovo..)
Tirana (Albanie) à l'automne, Skopje (Macédoine) et Pristina (Kosovo) début décembre, Istanbul (Turquie) avant Noël, puis Sofia (Bulgarie) pour finir, la boucle est bouclée et j'suis pas mécontent de la manière dont on a mené notre barque.
l'agencement s'est révélé judicieux, avec chaque fois un bon coup de pouce du climat. Beaucoup ont ainsi visité la capitale bulgare trop tôt dans la saison, et se sont mangés un froid sibérien, par exemple. Et ceux qui ne le feront que plus tard, gâcheront des belles opportunités de weekends dans les îles, lorsque le temps sera à la baignade..
Pour la der', je suis parti avec une minorité de français, pour changer un peu.
Z'étions que 2 d'ailleurs – et encore.. Alex, breton de naissance, vit à Bruxelles où il fait ses études d'archi. Avec nous, Flip et Peter, néerlandais, et mes voisins pollaks, Cris et Piotr. Tous de joyeux lurons, Matsi boys depuis un mois, l'ambiance allait pas être triste.
Train de nuit attrappé vendredi soir (mais sans couchettes hein, on est étudiant aussi, pas question de raquer pour le supplément), on atteint les faubourgs de Sofia au petit matin. (trajet : 8h)
wagons pourraves, immenses décharges publiques le long des voies, barres d'immeubles à s'tirer une balle, ciel gris moche bien bouché, c'est du tableau balkanique dans toute sa splendeur, classique quoi.
Dès la sortie de la gare, l'architecture vient nous rappeler qu'on débarque ici au coeur d'une ex république communiste, au cas où on l'aurait oublié.
En s'enfoncant dans le centre-ville, je prend néanmoins vite la mesure de l'écart, sensible, qui sépare cette capitale récemment intégrée à l'UE, des bidonvilles géants que sont Tirana, et à un degré moindre Skopje. La voirie reste entretenue, les transports en communs décents..
J'ai dû mal à trouver le paysage urbain agréable, mais ce charme typiquement Europe de l'Est ne me laisse pas indifférent non plus. A chaque coin de rue, les bâtiments grandiloquents où les anciennes statues propagandistes exhalent des relans de soviétisme, déroutants pour tout occidental de ma génération..
patrimoine fascinant, stigmates d'un autre temps qui marquent au fer rouge le tissu urbain, à côté de quoi sont venus s'adjoindre sauvagement les figures de proue d'un capitalisme effréné.. -- enseignes Mc Do, hôtels Hilton, pubs Coca géantes..
En fin de matinée, on rejoint le campus de Staps, c'est là-bàs qu'on crèchera pour 2 jours, puisque nos deux accolytes polonais ont une copine sur place qui fait son erasmus là-bàs. La vue depuis la chambre est assez fantastique d'ailleurs. (photo 3)
Le soir, la ballade dans le centre nous montre Sofia sous un visage sympa, animé, bien éclairé.. on termine dans un restau excellent, où l'on se régale pour pas cher, comme partout ailleurs dans les Balkans.. (l'occasion de découvrir que la Bulgarie produit d'excellents vins)
Le lendemain, on visite la ville toute l'aprémidi, en emprutant les grandes artères.. c'est loin d'être moche, au contraire. Même si, inévitablement, la ribambelle de bâtiments officiels ambiance soviétique donne à l'ensemble un style un peu too much, et que les demeures bourgeoises, tonalités multicolores, sont assez kitch.
Au rayon jolies choses on mentionnera deux ou trois églises orthodoxes, comme toujours admirablement bâties et richement décorées, quelques constructions baroques ou néo-classiques de goût, ou quelques palais monumentaux..
Dans la nuit de dimanche à lundi, dutch et polish people mettent le cap sur Bucarest pour quelques jours de plus (12h de train plus au nord, z'ont pas froids aux zyeux), et on se rentre tranquillou à Thessalonique, où des trucs nous attendent en début de semaine.
04 avril 2007
Sofia, autrement..
bien crade le long des voies ferrées.. comme partout dans les Balkans.
dans le train. Z'inquiétez pas, les 8h sont passées vite.
interdiction de sortir son flingue, ici. désolé..
bureau de change, comme tous les 30m en centre-ville. Business florissant.

quand on kiffe les statues mais qu'on sait plus quoi statufier.. un chameau tiens. Pourquoi pas..
Un hollandais sur un chameau en statue. Heureux. (Flip, 25 ans...)
relève de la garde.. moins folklore qu'à Athènes.
Sofia, centre-ville. Interdiction de s'asseoir aux moins de 92 ans.
.. ? ... ??
skate parc au pied d'une immense statue soviétique.. qu'on voit pas sur la photo, d'ailleurs.
au détour d'un square.. toute la journée, les pépés s'y affrontent, pour une poignée de leva.
un pan du Mur de Berlin, vestige conservé pour la mémoire,
au coin d'une place..
euh alors ça c'est aussi des vestiges, de.. comment dire.. la nuit mouvementée de Flip & Peter, lol. 5H du mat', attaqués à la vodka artisanale polonaise, ils ont finis complètement allumés en chantant torse nu à la fenêtre, à la gloire de Feyenoord. Bon, moins fun, y'a eu de la casse^^
les dérives du hooliganisme..
bois de lit pété, deux lampes murales fracassées, les rideaux arrachés.. la chambre a pris cher.
..un mec s'approche, tiré à quatre épingles, imper de cuir par dessus le costard, allure ancien de la Stasi.. nous accoste au moment où le feu passe au rouge, sourire, demande l'heure dans un anglais impeccable.. remerciement, puis l'air de rien.. : ''..and I give you my cards guys, don't hesitate to call me tonight, bye, have a nice journey..''
c'est ça aussi, Sofia. Au resto ou dans les cafés, serveuses nécessairement jeunes, mini-jupe de rigueur (ras-la-salle-de-jeux..@Dubosc) et plastique impeccable.
Français ? Hellooo, sourires qui en disent long.. lol. J'ai pas eu le temps de me faire une boite là-bàs, on a pas passé assez de soirées sur place. M'enfin, c'est pas difficile d'immaginer ce qui ce serait passé. Alex, qui a passé 6 mois en Roumanie auparavant, a déjà vécu le truc. Les nanas, elles se donnent, carrément.
05 avril 2007
Matsi family
Un mot sur la mosaïque de nationalités qui composent cette Matsi community millésime 2007..
la grosse nouveauté de ce second semestre d'abord, fut l'absence totale de germains, venus en force pendant le stage de langue et au 1er semestre. Chute très nette du nombre de français aussi, puisque nous ne sommes plus que 4.. et à l'inverse, afflux de néerlandais, avec 8 représentants :
Flip, Peter et Marco, Mieke, Levinia, Marijn, Judith et Marielle.
côté macaroni, ils sont 3 ; Michele, Salvatore et Massimo. les deux derniers, de Palerme, sont carrément des caricatures de siciliens^^ (hyper sympas). Krycs et Piotr, mes voisins pollaks, sont venus s'ajouter à Casha et Malvina, qui étaient déjà là au premier semestre.
Au rayon 'rescapés' toujours, restent les 3 espagnols (Alicia, Antonio et José), l'anglais John, et Elise, belge flammande. Plus les indéboulonnables du rez-de chaussée, Laetitia Frankie et moi, auxquels est venu s'adjoindre Alex, breton exilé à Bruxelles.
Enfin, 3 nouveaux anglais ont débarqué (Claire, Jan et Preeti), ainsi qu'une autrichienne (Elizabeth), et deux slovaques, Zusanna et Lubomira.
La moyenne d'âge doit se situer à 23, 24 ans. La benjamine est Elise, qui en a tout juste 20, et le doyen doit être Antonio, qui a pris 26 récemment.
Du côté des autres résidences, Kassandrou et Vassilissis Olgas, ou des apparts, on retrouve globalement les mêmes tendances.. présence plus marquée qu'auparavant des pays d'Europe de l'Est peut-être, avec un boom des slovaques, tchèques, bulgares ou polonais.. somme toute peu de scandinaves, une majorité d'espagnols et de français, quelques portuguais, des britanniques, allemands et italiens.. et parmi les 'raretés', quelques roumaines, lituaniennes ou estoniennes. Tous parlent anglais correctement ou couramment. Limite, les plus vilains, c'est nous à ce niveau là. (et les ritals, mais eux ils concourrent même pas..)
Le seul regret au final, ça serait peut-être le manque de contact avec les grecs eux-mêmes.. tout ce qu'on aura partagé, ce à quoi on se sera ouvert, sera resté en définitive dans le giron du microcosme erasmus. On aura tous, ci et là, tissés quelques liens avec des nationaux, mais c'est sans aucun doute un truc qui aurait mérité d'être approfondi. Ne serait-ce que pour s'assurer de futurs pieds-à-terre.. (lol, pas taper^^)
Le dilemme abdominal..

Choisir.
D'un côté, la ligne parfaite. La silhouette élancée, les abdos saillants, deux colonnes soigneusement dessinées.. un profil à poser pour Calvin Klein.
De l'autre, les plaisirs du palais. Nourritures riches, grasses, sucrées à volonté.. dévaliser tout le rayon mousses au chocolat de Carrefour, enfiler les tartines beurrées au p'ti dèj', les gyros/frites huileux avant de sortir.. apprécier la joie d'un 2e plâteau de spaghettis au RU, taper le paquet de chips entier à 4h, ressortir le sauciflar du frigo en rentrant de soirée, craquer sur un camembert avant d'aller se coucher..
Ah..
j'serais tenté de répondre les deux, mon colonel.. à ceci-près que.. pas compatibles. (je sais, j'ai pas inventé la poudre..)
Les filles, dans 99% des cas choisissent la silhouette.
Tu leur proposes de reprendre un 2e kebab, c'est nan nan, surtout pas. Déjà le 1er les fait culpabiliser, et elles ont prévu de se faire un régime salade pendant 2 jours pour compenser.
Souffrir pour être belle.. (c'est carrément démago soit-dit en passant.., y'en a un paquet pour qui ça se limite à Souffrir pour pas trop prendre au niveau des fesses. S'embellir, c'est encore un autre chantier..)
Mais elles savent ce qu'elles veulent, et affichent bien souvent une bien meilleure volonté que nouzot'..
En même temps elles sont prévenues, c'est pas avec les cuisses de Félicia Ballanger et le cul de Roselyne Bachelot qu'elles vont oser le string ficelle sous pantalon blanc cet été.
En tant que bonhomme, on peut envisager le truc avec un peu plus de souplesse. Suffit d'un tout ti peu de sport à côté, et je peux continuer à bouffer pour 4 sans prendre un soupçon d'épaisseur.
Avec mes deux collocs', on essaie de descendre désormais régulièrement à la salle de sport.
boaw, on force pas, une heure et demie tout au plus, mais on laisse des calories sur le tapis.
3-4 bornes de course, une dizaine à vélo, quelques séries de muscu en mattant le dernier dvd live de Christina Aguilera.. ptis sourires échangés avec les 2 nanas du club, tout droit sortis d'un clip à la Call on me d'Eric Prydz. elles font des ptites scéances soft de rameur ou d'abdos, ou nous montrent comment utiliser tel ou tel agrès, toujours maquillées, jogging sexy et top au dessus du nombril, ipod sur les oreilles.. elles savent qu'on est français, et faut croire que ça rend leur sourire encore plus avenant. (Pour parler cash en fait : si elles sont pas passées à la casserole avant la fin de l'année, c'est qu'on aura été mauvais.)
et dans la foulée, Sauna. On monte le truc à 67, 68°... c'est méchamment relaxant. Tu transpires par tous les pores, ça décape.
..puis la douche tiède, salvatrice. Tu ressors galvanisé. Comme tout neuf. Après ça, tu peux repiccoler le soir même, tu sais que t'as la santé.
06 avril 2007
Panepistimio..
L'Université, en grec.
Aristotelio Panepistimio Thessalonikis.. première Université de Balkans, et l'une des plus grosses écuries européennes également, 70 000 étudiants au compteur.
Campus situé en plein centre-ville, à l'emplacement de l'ancien cimetière juif, une borne ou deux au dessus du front de mer..
Les batîments, c'est plutôt Mont St Aignan que le complexe Eco-Droit Pasteur, pas du flambant neuf quoi.
La plupart du temps fermés. (grèves, lol.)
Depuis Matsi, la fac de droit c'est 10 minutes à pinces. Juste à côté, au milieu du campus, la B.U. dispose d'un accès Wifi, débit appréciable, ouvert tard en soirée.
Comme mentionné précedemment, les campus universitaires jouissent d'un statut légal particulier ici en Grèce. Pour y pénétrer, les forces de l'ordre doivent obtenir au préalable une autorisation spéciale, d'un conseil national composé en partie.. d'étudiants.
De fait, ça devient facilement un sorte de refuge : les manouches peuvent poser leur caravane sans être embêtés, les anars y trouver une base arrière lors des heurts façe aux crs, ou les dealers mener leur business tranquillou..
Deux traits caractéristiques pour finir :
-les chiens d'abord, qui comme partout ailleurs en ville, n'hésitent pas à investir le campus pour s'affaler comme des poufs à même le carrelage (quels cons ces chiens, ils semblent souffrir de la chaleur en toute saison..), et il n'est pas rare d'en retrouver en train de somnoler dans un couloir ou devant une salle de cours.
C'est juste.. normal, les grecs n'y prêtent même pas attention.
(quels cons ces grecs, ..)
-les cafétérias ensuite, disséminées un peu partout dans ou en dehors des facs, c'est indissociable du mode de vie. S'attabler en terrasse d'un café ici, c'est une véritable institution. Sur le campus, on ne saurait déroger à la règle..
Voilà donc où je passe l'essentiel de mes journées à tafer d'arrache-pied de l'aube au coucher du soleil, sans même sacrifier à l'incontournable sieste de l'aprèmidi.
Quel regret de pas avoir choisi l'Allemagne, la Finlande ou la Norvège hein..
08 avril 2007
Typically Greek..

Le gyros.. Une viande de porc grillée, succulente, dorée à point, enveloppée dans une galette pita, chaude et moelleuse.. c'est le plaisir en sandwich.
le periptero.. véritable institution, qui parsème les trottoirs des villes et villages grecs, c'est la cabane pratique par excellence, entre kiosque et superette, ouverte à toute heure..

le goodys.. le fast-food national, l'alternative à Mc Do, l'équivalent de notre Quick français..

l'ouzo.. devenu un grand amateur, j'suis pas objectif. À boire pur, de préférence. Boisson chaude et anisée, en digestif ou à siroter, un régal.
.. mais aussi les tavernas, déjà rencontrées ci et là dans certains articles, ou encore les cookies Papadopoulos et leurs merveilleuses pépites de chocolat fondant, les centaines de petites chapelles
au bord des routes, les chiens errants, le kafeneion, les bouzoukia, le frappé, la douceur de vivre..
11 avril 2007
Un pèlerinage en Terre Sainte..
expédition.. au Mont Athos.
On l'attendait comme un des temps forts de l'année, ça restera inoubliable.
La région du Mont Athos, c'est le 3e doigt de la péninsule de Chalcidique (Halkidiki). le plus à l'Est, si vous préférez. (cf cartes, colonne de droite)
c'est un territoire unique, à l'écart du monde, complètement hermétique aux directives européennes, et dont le statut particulier demeure reconnu par l'Etat grec.
Géographiquement parlant, c'est une mince langue de terre au relief tourmenté, vaste massif qui s'étend en longueur sur une 50aine de km, et dont le sommet culmine à plus de 2000m.
C'est ici, à l'écart du monde, sur ces pentes escarpées qui se jettent dans la mer, que sont venus s'établir les premiers monastères orthodoxes, dès le Xe siècle de notre ère.
Depuis, les règles n'ont peu ou pas changé.. Aucune femme n'est autorisée à pénétrer sur le territoire. (de manière plus générale, toute présence femelle est prohibée.. ni chèvres, ni vaches, ni brebis, interdit). Mesdames doivent donc se contenter d'un tour de la presqu'île en bateau, sans que celui-ci ne s'aventure trop près des côtes, sous peine de sévères sanctions pénales. Terriblement frustrant, sachant que cette contrée sauvage figure parmi les plus belles régions de Grèce.. maigre consolation [dixit Le Routard] : même pour les hommes, une expédition au Mont Athos s'apparente au parcours du combattant.
Séjour qui se prépare longtemps à l'avance, nécessairement. Réservation obligatoire.
Le quota de pèlerins non-orthodoxes autorisé à pénétrer sur le territoire est limité à 10 par jour. papiers d'identité à présenter au Pilgrim's Office, à Thessalonique, pour obtenir un visa d'entrée de 4 jours, pas un de plus. En sus, la question qui tue : “catholique ou orthodoxe ?” .. obligé de choisir une mention. Musulmans ou boudhistes, démerdez vous.
Après, faut se procurer une Road map détaillée de la péninsule, préparer soigneusement son itinéraire de randonnnée, et appeler les monastères pour leur demander l'hospitalité. Sachant qu'on ne peut rester plus d'une nuit dans chacun d'entre eux.
Quand arrive enfin le grand jour, faut se présenter à 9:00h à l'embarcadère d'Ouranopolis, dernière cité “mondaine” à la frontière du Mont Athos ; c'est de là que part le bateau qui nous conduit jusqu'en terre sainte. (Agion Oros en grec, la montagne sacrée)
On se pointe donc à Ouranopolis ce vendredi 6 avril, en pleines pâques orthodoxes. (On a pris soin de caler notre séjour de long mois à l'avance au moment de ces festivités pascales, Pâques étant la plus importante fête religieuse du calendrier orthodoxe ; c'était donc le moment rêvé pour assister aux processions et autres offices dans les monastères, vivre le truc à un moment privilégié)
On est parti entre potes, à 4, avec Pierre-Yves, Frankie et Jonathan.
Le soir, cérémonie en l'église d'Ouranopolis. toute la populace est réunie, défile dans les ruelles du village en entonnant des chants religieux.. la procession dure une heure ou deux, c'est assez fascinant.
Dernière bonne bouffe le soir en taverne, on sait qu'on part le lendemain pour 4 jours de rando intensive .. en pleine période de jeûn. Pâques oblige..
[Samedi 7 avril.. Waow, 22 ans aujourd'hui. Ca fout un coup derrière la carafe.
mama mia.. don't wanna get old.. Vingt-deux piges, terrible^^
et pas question de se saôuler le soir dans les monastères pour arroser ça.. vieillissons dignement.]
12 avril 2007
Four days among the monks
un séjour du tonnerre. Météo parfaite, au meilleur moment de l'année : rando en t-shirt, sous un grand soleil, sans que les températures soient écrasantes pour autant.
Chaque jour, on parcourait entre 5 et 7 heures de rando, de monastère en monastère, au milieu d'une nature sauvage d'un cachet exceptionnel..
On dénombre 20 monastères disséminées ci et là sur le territoire ; en 4 jours, j'ai eu la chance d'en voire 11. Tous avec un charme différent, une architecture propre, un style particulier, mais toujours cette même atmosphère au final, loin du monde et hors du temps.
Coup de coeur pour l'édifice magnifique de Xenofodos, dans un style russe, le long de la côte Sud...
Pour Simonos Petras également, du pur vernaculaire littéralement perché au sommet d'une falaise, proprement ahurissant.. première de nos haltes, le samedi aprèmidi, il aura suffit a donner le ton..
pour y accéder, c'est de la vraie rando, sur du sentier de montagne, de ceux qui tirent sur les quadriceps, pas pour les lopettes.
Le suivant, Grigoriou, est tout aussi sympa.
Particularité : parmi les trésors conservés soigneusement à travers les siècles, une relique du bois de la croix sur laquelle fut crucifié le Christ. J'ai pu voir le morceau, pas plus gros qu'une écharde, conservée avec le plus grand soin dans du verre.. d'après le témoignage des moines qui nous l'ont présenté, il conserverait encore aujourd'hui des vertus miraculeuses.
Moins de 2h de marche plus loin se dresse Dionysiou, à quelques mètres du rivage Egéen.
Notre première journée de rando s'achève au crépuscule, du côté d'Agiou Pavlou, dans lequel nous passons la nuit.
On rencontre un pélerin venu de Lamia, avec qui on partage notre premier repas dans le monastère (pain complet, figues sèches, oranges).
Parmi la vingtaine d'étrangers venus loger là, on croise deux français, un quinqua artisan du Sud Ouest qui s'était promis toute sa vie de venir ici un jour, et un ami à lui, éleveur de chevaux retraité du côté d'Aix.. Le lieu est désert en soirée : tous les moines se reposent avant la grande veillée de Pâques, dont les liturgies vont durer toute la nuit.
La douche et une petite sieste plus tard, on est fin prêt pour le début du cérémonial.. impressionnant là encore, assez indescriptible. Atmosphère extraordinaire, même si évidemment on comprend rien aux liturgies.. j'ai réussi à rester jusque vers 4h du mat', ce qui relève déjà de la performance.
Le lendemain, on continue à descendre un peu plus au Sud (à ce stade, on arrive quasiment à l'extrémité de la péninsule), jusqu'à Nea Skiti.
Les Skiti, ce sont des “annexes” des monastères en quelques sortes, des petits baraquements où d'autres moines vivent généralement solo ou en petit comité, cultivant des tomates ou des oliviers sur les lopins de terre alentours..
Super moment passé là, à échanger avec un moine chaleureux, qui nous a offert café et gâteaux secs, depuis sa terrasse où la vue est à tomber.
Par la suite, on reprend un bateau qui nous ramène un peu plus haut sur la côte, avant de traverser à pied toute la presqu'île d'Ouest en Est.
moments privilégiés sur le bateau, à une vitesse de croisière, sous un merveilleux soleil, en train d'admirer ces côtes parfaitement dessinées, et ces monastères jaillis de nulle part..
la rando qui nous attend au départ de Dafni était quelque peu présompteuse : joindre Iviron sur la côte Est, où l'on doit passer la nuit, avant le coucher du soleil.. une grosse dizaine de bornes en plein cagnard, sur des routes pentues, tantôt asphaltées, tantôt rocailleuses, ou poussiéreuses..
sur le chemin, on passe par l'éblouissant monastère de Xeropotamou le temps d'un rafraichissement, sans s'arrêter plus longtemps à la beauté du site..
Objectif atteint, on atteint l'imposant monastère d'Iviron en soirée, fatigués mais heureux. (enfin moi du moins, qui ai adoré la rando ; après, certains avaient un peu + mal aux pieds^^)
le repas collectif a déjà été partagé, mais on nous met les petits plats dans les grands en cuisine, et on peut taper goulument dans leur stock de crudités, feta, oranges & poissons.. et même vin rouge. Merci encore.
Lundi matin.
5h00 : on est debout pour assister à l'office.
5h15 : j'étais déjà parti me recoucher.
7h00 : les cloches retentissent, fin de l'office, c'est l'heure de partager le premier repas de la journée.
On se pointe dans une salle aussi immense qu'austère, doit y avoir là une trentaine de moines et une centaine de pélerins orthodoxes venus pour Pâques. Des tables en bois interminables sont disposées toute en longueur avec des bancs, et dans chaque écuelle une soupe. À côté, des assiettes de feta, de pâtes, et de fruits.
Tout un tas de rituels avant d'attaquer, on se lève et se rassoit, tout le monde en silence dans cette salle mortuaire où il fait moins 15°, avec un pope perché en hauteur qui lit à voix haute des textes liturgiques.. un autre passe avec le pain, que tout le monde doit toucher tour à tour.. ambiance des plus solennelles, j'ai vite compris qu'à table ça allait pas rigoler.
Enfin, l'espèce de grand igoumène finit par s'asseoir, et on peut commencer à tailler la bavette. On mange depuis 5 minutes à peu près, dans un silence religieux, lorsque je vois tout le monde se lever à nouveau.. puis les popes entonnent un nouveau chant, à l'issue duquel.. tout le monde se barre, toujours en silence, calmement. Sans finir les assiettes. Reste de la bouffe à profusion sur la table, les verres sont encore pleins, mais faut libérer la place comme si y'avait une alerte incendie.
Effet de surprise total pour nous, on a juste le temps d'envelopper 2-3 morceaux de feta dans les poches de nos sweet-capuches, et on doit suivre le mouvement en se mettant la gourmandise derrière l'oreille.. Bon, en 5 minutes, j'ai dû manger à peu près autant que mes 3 voisins d'en façe, vous inquiétez pas pour moi.
Mais le Frankie, juste à côté, il salivait d'avance à l'idée de se faire une belle salade, et il avait passé tout ce laps de temps à confectionner soigneusement son assiette.. Et bah, il y a pas touché. ça profitera aux poules..
avant de partir, on fait le tour du monastère, sympa.. puis on discute une petite heure autour d'un Tzipuro avec un moine (Frère Jacques, ça s'invente pas hein), pour le moins.. détonnant.
Sexagénaire alerte, probablement un gars de famille très aisée, de la haute bourgeoisie athénienne, qui a passé sa vie dans les propriétés familiales entre Genève et la campagne normande, et connait les grands restaus parisiens mieux qu'un guide Michelin.. ..et a échoué là depuis quelques années, au coeur du Mont Athos, où sa vie se résume désormais au monachisme..
On passe ensuite par Stavronikita, puis Pantokratoros, où l'on fait à nouveau une rencontre passionnante, avec un moine de 38 ans qui en parait 15 de moins, Théophilos, un type adorable parlant le français couramment, qui a fait un doctorat de théologie à Strasbourg il y a quelques années, et qui est devenu moine peu de temps après son retour au pays.
Au coucher du soleil, on aperçoit enfin Vatopediou au creux d'un golfe ; c'est là qu'on passe notre dernière nuit en terre Sainte, dans l'un des plus grands monastères d'Athos.
Le lendemain, Jonathan Frankie et Pierre Yves prévoient de prendre l'espèce de minibus qui retraverse l'île jusqu'à Daphni en fin de matinée, passablement usés par trois grosses journées de marche..
Pour ma part, je me suis tellement régalé à randonner dans cet environnement, que je décide de m'en servir une dernière tranche.. je suis debout à 6:30 du mat', et j'attaque la rando en solo au levé du jour, à un rythme autrement plus soutenu.. le but était d'y aller à fond, histoire d'en profiter jusqu'au bout, et de se faire un p'tit effort physique intense, lâcher des litres de sueur sur les pentes.. plus on fait du sport plus la condition physique revient, j'avais la pêche, j'ai dû taper 10 à 15 bornes dans la matinée, à un train d'enfer, rando géniale.
A Acariès, le mini-bourg qui sert de “capitale” administrative au territoire, je rencontre 5 gars qui cherchent le même minibus que moi (pour rejoindre Daphni avant l'heure du dernier bateau pour Ouranopolis), et qui semblent pas parler grec.. on commence à sympathiser, les gars parlant un anglais parfait : il s'avère que ce sont des Géorgiens, de confession orthodoxe eux-aussi, venus ici en pélerinnage à l'occasion de Pâques.. des types adorables, qui m'ont insisté pour me payer la bouffe et un apéro en attendant le minibus, et le billet retour vers Daphni..
Parfois, on fait des recontres extraordinaires au détour des coins les plus improbables. Sur les 5, deux d'entre eux étaient frères.
Pour visualiser, vous prenez les frères Rappetou : ba c'est les mêmes. Genre la trentaine, molosses de 115 kilos, mal rasés, en joggings amples, grosses lunettes de soleil noires.. cools, quoi. Mais l'habit ne fait pas le moine, au Mont Athos encore moins qu'ailleurs.. mes deux bonhommes en fait, s'ils parlent si bien anglais et ont le portefeuille chargé, c'est que le parrallèle avec les Rappetou s'arrête à la dégaine.. : le plus vieux a terminé en France, à HEC, et bosse maintenant comme cadre en Géorgie pour Pernot-Ricard, et le cadet vient de terminer un MBA à Monaco..
Du coup, j'ai appris plus sur la Géorgie en une heure qu'il ne me serait jamais venu à l'idée d'en apprendre.
Arrivés à Daphni, on se sépare, et je prend le dernier bateau express pour rejoindre mes trois compères qui m'attendent à Ouranopolis.
On retrouve la caisse laissée là 4 jours plus tôt, et ciao le Mont Athos..
c'était fatal, autant d'un point de vue sportif avec ces randos superbes au milieu d'une nature merveilleuse, que par les recontres qu'on y a fait, ce qu'on a partagé, ce dont on s'est impreigné.. une expérience carrément hors du commun, un souvenir qui restera.
Endroit magique, qui respire la sérénité, la plénitude, le calme, la spiritualité, la communion avec la nature.. séjour grandiose.
Objectif : y retourner un jour.
14 avril 2007
Le Green...
le Green, c'est un p'tit lieu à part. Son vrai nom, c'est le MikrouMikous.
Écrit en petites lettres grecques, en scred, sur une vitre.. c'est ainsi qu'au début de l'année, incapables de se souvenir de l'orthographe du truc, on a vite pris l'habitude de désigner l'endroit par la couleur de la façade.. voilà comment c'est devenu the Green Bar.
Repère officiel des erasmus amateurs de bonne bière et d'ambiance conviviale.. c'est de loin le spot le moins cher de Thessa pour la bibine. Une demi d'amstel, 2.50 euros..
En fin de soirée, le serveur (ou la serveuse) derrière le bar finit souvent plus arraché que les clients restants, du coup on peut oublier malencontreusement de régler l'addition, plus souvent qu'à son tour. En gros, au Green, on boit pour 30 euros quand on en sort 10 de sa poche. Et ça a toujours été comme ça, c'est pas prise de tête comme ambiance..
L'atmosphère aussi, c'est un truc qui se démarque des bars du front de mer, par exemple. Pas question de venir sapés fashion, le taille basse Dolce & Gabbana qui sert de dress code en front de mer fera pas l'affaire. C'est plutôt cool-cool, un p'tit troquet de 20m², derrière la Rotonda, clientèle d'habitués, toujours à l'arrach', qui vient passer du bon temps avec du reggae, du dub ou du metal dans les oreilles.. le + du lieu, c'est sans conteste la convivialité. T'as pas débarqué depuis 5 minutes, que y'a toujours quelqu'un pour venir s'installer à côté et taper la discute. Les gens vont vers les autres, font connaissance, et piccolent jusqu'à 3h du mat', heure de fermeture..
bouger au Green, c'est le genre de plan tranquille qu'on intercale entre 2 grosses soirées, quand on a envie de passer une soirée pépère, sans rentrer trop tard, juste pour passer un bon moment, à la grecque.
19 avril 2007
Envisager une virée dans le Far West..
Arrière-pays montagneux, rude, austère.. très loin de la carte postale traditionnelle de la Grèce, plus proche dans l'esprit du sud de l'Albanie voisine.. voilà l'idée qu'on avait de l'Epire avant d'y mettre les pieds, d'après ce qu'on en avait lu ou entendu..
Dans le cercle de nos connaissances Erasmus, personne n'avait d'ailleurs projeté de partir sillonner la région, de loin l'une des moins touristiques du pays. Et plus largement, c'est vrai qu'on entend rarement les amoureux de la Grèce mentionner cette région lorsqu'ils évoquent leurs récits de voyage en terre hélènne.
Y'a tout un tas de raisons à ça. En fait, si le tourisme lui fait la gueule, c'est pas que ce soit moche, mais plutôt.. difficile d'accès. Loin de toutes les autres curiosités de la Grèce, déjà..
difficile d'agencer un parcours en passant par là.
Pour y parvenir depuis l'Est, faut se taper toute la traversée du massif du Pinde, routes de montagnes lentes et sinueuses.. puis les aéroports internationaux sont à Thessalonique, Athènes, Héraklion, Mykonos, mais que dalle côté Ouest, Corfou mis à part. Et même ceux qui débarquent en ferry en provenance d'Italie, à Igoumenitsa, ils ont tendance à filer dare-dare sur les Météores, ou descendre direct dans le Péloponnèse.
Ban. Toute façon, on voulait aller y jeter un oeil, toujours dans l'optique d'avoir vu chaque coin de Grèce d'ici la fin de l'année, même si ça valait pas un kopeck.
Du coup on avait prévu de se le faire dans un package avec Corfou, la plus grande des îles Ionniennes, en passant quoi, genre sur une journée, avant d'en passer deux ou trois autres sur l'île.
Et puis à l'approche du truc en fait, on a changé nos plans du tout au tout.
Pendant que j'étais au Mont Athos, Alex s'est mis à bachoter un peu le sujet, à approfondir le truc avec tous les guides qui lui tombaient sous la main, et a fini par tracer les contours d'un périple qui regorgait en réalité de pépites touristiques. En se plongeant dedans, on a convenu qu'il faudrait bien 4 jours pour faire le tour de tous nos objectifs dans la région.. et autant à Corfou. Soit une bonne semaine..
Et meeerde. On avait que 4 jours, en tout et pour tout. Mais hors de question de renoncer toute façon, de pas bouger, tout le monde voulait absolument mettre à profit ces vacances de Pâques jusqu'au bout. Inconcevable également de galvauder le truc, de 'bâcler' vite fait l'Epire, tirer une croix sur certains sites pour n'en sélectionner qu'une poignée.. nan, quand on a choppé le virus comme cette année, on est devenu des jusqu'au-boutistes résolus, à ce niveau chaque concession est un véritable arrache-coeur.
Boaw, on a dû débattre comme ça à 5 dans une chambre autour d'un apéro plusieurs heures durant, en retournant le truc dans tout les sens.. Jusqu'à ce qu'une tendance se dégage : zapper Corfou....
Dissocier les 2 plans, et remettre celui-là à plus tard.
J'étais pas chaud-chaud sur c't'affaire là, probablement le plus sceptique. Dommage de traverser 2 fois la Grèce d'Est en Ouest, sur 600 bornes dont un bon tiers de montagnes, à quelques mois d'intervalle.. autant faire d'une pierre deux coups, et ne plus y revenir.. m'enfin à force d'arguments, leur truc m'apparaissait de plus en plus judicieux, et j'ai fini par y adhérer. D'autant plus que y'a un aéroport sur Corfou, que les vols intérieurs sont pas hors de prix, et pourquoi pas y retourner même en plus petit comité, cet été, quand tout le monde sera parti ou presque.. (Ben, j't'avoues que j'ai songé à ton mail sur ce coup là, ça peut être clairement le genre de plan du tonnerre et ...faisable.)
Du coup, moins de 2 jours après être rentré d'Athos, on remettait les voiles. Le temps d'expédier les affaires courantes quoi (tournée de chaussettes, devoir conjugual, passage à la banque, une course ou deux..). Le plan semblait cool, soleil au beau fixe toute la semaine, motivant.
On est sept sur le coup : mes 2 collocs, alex, arnaud, marion, gaëlle et moi. Tous français. Comme ça on a pas causé rosbeef du weekend. :p













































































































