15 août 2006
Vendredi 11 août, fin d'aprèmidi...
Périph parisien. Circulation fluide. Soleil, vitres ouvertes, sweet music.. suis détendu, profite de ces dernières minutes au volant.
la prochaine fois, ça risque d'être dans un moment..
Porte de Versailles, 15e arrondissement, Vaugirard, et enfin rue Ferdinand Fabre.
Benoit crèche au #14, en colloc, et bosse sur St Lazare.
Café en terrasse sur Convention avec Ben & Alex, qui achevait son dernier jour de stage à Roland Garros. Dernier verre entre potes avant longtemps.
Un coucou à Vardos au telephone (team Croatia 2005..), un délicieux steack/frites le soir en bas avec benoit, puis go to bed, dernier jour en France terminé, on part pour un an.
Ça fait quoi ?
Concrètement, que dalle.
Samedi 12 août 2006. Départ.
Réveil (trop) matinal, à 5h et des bananes on était à Roissy.
Enregistrement des bagages. Poids maximal autorisé en soute : 20kg. J'pose ma valise sur le tapis, verdict : 28,8kg.
Supplément tarifaire : 12 euros/kilo. aow... 96 euros à allonger.
Décollage avec une demi heure de retard. La faute aux contrôles, sécurité en état d'alerte maximum après les attentats avortés en Angleterre.
In the sky with diamonds..
Ça claque, vraiment.
J'décolle pas les yeux du hublot jusqu'à Milan, suis assez emmerveillé devant le décor vu d'en haut.
Tout le charme du truc, c'est les nuages. Un manteau neigeux parfait, la piste de ski idéale à perte de vue. L'antarctique en mieux. Un océan de coton, doux et immaculé.
Au-dessus, du bleu, du tout bleu, comme on en voit jamais en bas.
Renseignement pris auprès du personnel de bord, on est à peu près à 10 bornes en l'air. Dessous ça défile au ralenti. On trace à 800, 900km/h.
C'est un peu surréaliste la 1ère fois. Par la suite aussi j'immagine, à moins d'être blasé.
'me dis que j'ai de la chance qu'il fasse beau ; j'immagines qu'autrement, on voit que dalle.
Atterissage à Milan-Malpenza. Vol Alitalia à destination de Thessaloniki.
Toujours aussi fasciné. le passage au dessus du littoral Adriatique, c'est splendide. Le survol du nord-ouest de la Grèce tout autant, dans un autre style, avec de vastes paysages qu'on devine escarpés.
Arrivée sur Thessaloniki.
Vu d'en haut, ça me fait de suite penser à Marseille...
Immense cité ensoleillée, dense, tournée vers la mer, nichée au creux d'un golf en forme de fer à cheval, entourée de quelques collines.. le parallèle est vite fait. Je mesurerai avec le temps si la comparaison est judicieuse.
L'avion se pose. Les gens applaudissent.
okay..
Peut-être qu'ici les avions n'atterrissent pas à tous les coups remarque.
cette fois ça a marché alors ; bravo au pilote. Pour un premier vol, si en + il est réussi alors..
Du coup j'applaudis aussi.. Faut croire qu'on se fait vite aux coutumes locales.
Premiers pas.
J'récupère mon barda, j'fais 30 mètres pour sortir de l'aéroport, là je commence à comprendre ce qui m'attend une fois en ville..
je trimbale pas moins de 50 kilos. Dont 20 sur les épaules. Dit comme ça, c'est rien 20 kilos, nada, peau d'zob, ça se soulève avec le petit doigt..
Mais !
Quand on arrive en ville (@balavoine) en jean/chaussures habillées, par 38°, en transpirant à grosses gouttes, avec les lanières des sacs qui scient chaque omoplate à petit feu, en tirant l'autre valise de 30kg avec le dernier bras disponible (je n'en ai que 2, en fait) , faut pas plus de 100 mètres pour se rendre compte de sa douleur.
j'ai pas une goutte d'eau. Pas mangé non plus. Il est 15h, l'avenue de la fac est immense, en plein cagnard. Y'a un côté fun, j'suis en train de faire du sport là, du vrai lol, rien à voir avec le foot du dimanche apremidi quand on débarque après le repas de famille, avec la raclette sur la panse.. (pégase, toi même tu sais^^)
Tout est écrit en Grec (etonnant, hein ^^), très peu de 'sous-titres' anglais. Bon après, grec, péruvien, hébreux ou chinois ce s'rait la même, j'y capte chibre.
J'arpente l'avenue de la fac, j'demande 450 fois Matsi Street, où sont censés se trouver les 'dormitories' pour 'students'.
Putain, à croire que personne a jamais entendu ce nom.
peut être que je le prononce mal, que la rue a été détruite et qu'ils m'ont pas prévenu, ou alors qu'il est tabou, à en croire la moue des mamas ici.. -- J'ai lu depuis dans le routard que cette moue à la con très particulière était typiquement grecque en fait.
Bref, après avoir changé 36 fois de cap, etre passé par l'Institut français de Thessalonique -fermé- ,
pris 3-4 bus (histoire de s'assurer que c'etaient bien tous les mêmes, qui sait..), et pommé mes 2 épaules en route, je décide de lâcher l'affaire, de poser tranquillement mes 50 kilos de bagages à l'hotel, le temps de souffler un peu, me mettre en tenue plus light et repartir 'à vide' en quête de ma piaule.
Posé.
..pas croisé d'hotel dans les environs proches. tout le monde indique le même, au bout de l'avenue des Facs. ABC Hotel, rien qu'au nom et à la façade je sais que je vais douiller.
J'demande ce que le gars a de 'cheaper', tire une croix sur le petit déj' du lendemain pour pas trop raquer.. single room, without view, without breakfast.. 50 euros.
(Pschhh.. j'immagine même pas combien coûte la chambre de 4 avec vue sur la mer, pour un peu que les gars commandent un petit déj' copieux.
)
Pire, j'ai dû rajouter 15 euros pour bénéficier de la connec wifi de l'hotel, pas incluse dans la prestation... 15 euros pr ça c'est carrément de l'escroquerie, quand je paye seulement le double en France pour un mois entier, avec TV et téléphone gratuit... Bref. Au moins j'ai rentabilisé le truc pendant les 24h qui ont suivi.
Le soir, 2e journée de L1, en live sur rmc, msn ouvert, en train de surfer sur mes bookmarks habituels... le dépaysement ok, mais pas pour tout de suite.
En fin d'aprèmidi, j'avais fini par trouver Matsi.
Petite ruelle quelconque, sur les hauteurs de la fac, faut connaître. Un togolais vivant en Grèce depuis 6 ans et parlant français avait fini par m'y conduire. J'm attendais à une résidence étudiante. Type barraquements qui pullulent à Mt St Aignan, ou mieux, plus classe, plus propre, plus neuf, comme en bas à Pasteur ou côté fac de Médecine..
Rien de tout ça.
Un seul immeuble, 15 mètres de long à tout casser, sur 3 ou 4 étages, peint tout en bleu, coincé entre 2 autres petits immeubles dans une rue en pente. C'est ça, Matsi.
Amusant.
Je sonne 4 fois, une allemande vient ouvrir. Une lituanienne met le nez à la fenêtre.. elles sont là pour le stage de langue aussi, ont débarqué depuis 3 jours, et s'ennuient à mourir dans dans leurs chambres minuscules. J'demande où est le gars censé me filer la mienne.. elles savent pas, paraît qu'il est pas repassé depuis ce matin. rapide tour du propriétaire, rien de bien réjouissant à 1ere vue, mais bon.
Le soir à l'hotel, merci internet, j'ai enfin identifié où se trouvait 'The modern school of Greek language'.
C'est là que j'ai rdv lundi matin à 9h.
(ça, c'est fait.. )
urban newbie
Je règle la note au ABC sur les coups de midi, encore pas loin de 40°, ça va etre du sport.
1 ere étape, l'auberge de jeunesse, rue Alexandrou Svolou. La seule de toute la ville.
J'ai déjà parcouru p'tet 1km, mais je sais qu'il y a de fortes chances que je m'y arrête pas. internet, guide du routard, cette 'auberge' avait une réputation toute faite, et elle en etait à largement à la hauteur :
vraiment, vraiment naze. Genre truc désaffecté. Au 3e etage d'un immeuble pourrave. Je rentre, personne. Une piaule de 8m² avec 4 lits superposés, en ferraille, sans couvertures. Devant, un hall minuscule avec une table. C'est tout. Et pas un chat avec ça, vraiment space. J'aurais dû prendre des photos.
Du coup je repars chargé comme un mulet, direction Singrou Street, et l'hotel Mitropolis, indiqué dans le routard, rubrique 'prix moyens'. Debut d'aprem, je me pose, 1er etage, sans vue, 30 euros la nuit. Déjà mieux.
Je bouge en ville, 1er kebab, délicieux. Coup de bol, parce que c'est dimanche, en plein mois d'aout, et qu'evidemment tout est fermé. J'retourne ensuite au salon du ABC, histoire de profiter de mes dernières heures de connection wifi. Quelques mails aux potes auxquels j'ai pas eu le temps de dire au revoir, un peu de surf, google-exploration de la ville..
Le soir j'arrive à chopper le Charity Shield sur une chaine grecque dans la chambre (Liverpool 2 , Chelsea 1). Par contre, pas l'ombre d'un signal wifi dans les parages. Faut croire que niveau internet, les grecs sont grave en retard sur nous. M'enfin c'est pas une surprise, la France a toujours été leader européeen dans ce secteur, j'etais au parfum.
Peu importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon..
..c'est l'histoire d'une célèbre enseigne de spiritueux, qui cultive son image trendy à coups de campagnes de pub' inspirées.
Très important, le design.
Perception travaillée, du marketing haut de gamme.
limite t'as envie de laisser la bouteille vide sur la cheminée, pour la déco.
tant de poésie.. toute une attitude.
Tiser, mais en gardant la classe. Se bourrer la gueule dans un esprit de raffinement. et régurgiter avec élégance.
www.absolut.com pour tout complément d'infos.
Naturellement, les créatifs se déchainent, et ça se conjugue à tous les parfums, pour notre plus grand plaisir..
..avec toujours plus d'originalité, d'instinct et de classe..
..Et donc, dernier clin d'oeil en date du manufacturier :

..la place Aristote en nocturne, vue aérienne..
j'adore.
port'nawak, episode O1...
Anecdote originale.
Dans la journée, chaque fois que je tourne le robinet d'eau froide pour me désaltérer, je trouve l'eau etonnamment tiède. Me dis que les canalisations doivent chauffer par ici..
le soir, la douche. Un comble : l'eau est glacée.
C'était la même la veille au ABC, étrange.. Je serre les dents, come on,
c'est bon pour la circulation mon gars.
'sors de la douche, commence à me brosser les dents.. Et là, c'est le drame ^^
je viens de calculer le truc : ces cons mettent l'eau chaude sous le robinet bleu, et l'eau froide.. sous le robinet rouge.
Les anglais qui conduisent à gauche, à côté c'est rien.. j'te jure.
Là ça défie toute logique de couleurs chaudes/couleurs froides, faut vraiment en tenir une couche hein. Soit ce sont tous les hotels qui fonctionnent comme ça, soit le plombier grec est farceur.
Le 1er week end s'achève donc sur cette découverte étonnante. tomorrow, les cours de grec démarrent.
18 août 2006
Greek intensive course..
9h lundi matin. Je retrouve Jeanne, qui etait à la fac à Rouen avec moi. Nous sommes répartis en petits groupes, 12-15 étudiants chacun.
Chacun a dû etre conçu de manière à former un petit melting pot. Je cotoie donc une italienne, un autrichien, deux turcs, une tchèque, une suèdoise, un portugais, une espagole, une polonaise, une finlandaise.. cool.
La prof : sympa, indulgente et plutot pédagogue.
La langue grecque : hardcore.
On retourne au cp, les premiers pas sont difficiles. L'alphabet se révèle pour le moins surprenant. (euphémisme). Ainsi, certaines consonnes chez nous sont prononcées ici comme des voyelles, et inversement. Beaucoup de caractères inconnus, plusieurs façons d'écrire une lettre.. exemple : le simple son 'i' peut se rencontrer sous 5 formes : n, i , u, ei, oi. Tout ça, ça se prononce 'i'.
au début, c'est assez déroutant. Y'a les lettres qu'on ne connait pas, mais aussi celles qu'on connait mais qui se prononcent complètement différemment en somme, histoire de pousser l'embrouille un peu plus loin.
Le cours de langue ce sera chaque fois 3 ou 4 heures le matin. 'Intensive course' ça s'appelle, et y'a de quoi ; c'est assez violent d'ingurgiter tant de trucs nouveaux à la fois et de s'employer à les assimiler.
Le cerveau etait off depuis la mi-juin, la fin des exams en gros. (pour la coupe du monde on débranche, beauferie assumée.. :p)
<< la remise en route sous cette chaleur est laborieuse. Le mien est du genre vieux diesel, d'ici 2-3 jours, it gonna be better...














